"Hors de propos", "venue du siècle dernier" : la taxe sur les caisses automatiques décidée à Molenbeek passe mal

Cette taxe pourrait être la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour ces supermarchés, craint l'organisation d'entrepreneurs Buurtsuper.

La Libre Eco avec Belga
"Hors de propos", "venue du siècle dernier" : la taxe sur les caisses automatiques décidée à Molenbeek passe mal
©Belga Image

La taxe de 5 600 euros par caisse libre-service que les supermarchés de Molenbeek-Saint-Jean devront payer cette année est "complètement hors de propos", estime l'organisation d'entrepreneurs Buurtsuper.be. En début de semaine, le conseil communal de Molenbeek a donné son feu vert à cette taxe, et Buurtsuper demande maintenant de revoir cette décision ou au moins de faire une exception pour les supermarchés indépendants.

Cette taxe pourrait être la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour ces supermarchés, craint Buurtsuper. La bourgmestre Catherine Moureaux (PS) a souligné les conséquences sur l'emploi et la cohésion sociale de l'introduction de ces caisses. L'échevin des finances Georges Van Leeckwyck a ajouté que la commune avait "diversifié" ses ressources dans un contexte budgétaire difficile.

Buurtsuper ne suit pas les arguments concernant l'emploi et la cohésion sociale. Des recherches récentes menées par l'organisation sur l'impact de l'automatisation sur les emplois et les compétences ont montré que l'idée selon laquelle les emplois disparaîtraient est erronée. L'étude a également montré que les vendeurs concernés seraient davantage déployés dans le magasin lui-même afin d'offrir un meilleur service aux clients.

"Nous constatons également que les caisses traditionnelles continuent d'exister pour ceux qui introduisent le système", indique Luc Ardies de Buurtsuper. "Juste pour que les clients plus âgés ou ceux qui aiment discuter puissent encore être servis. En outre, un ou plusieurs employés seront toujours déployés dans la zone de self-scanning."

Dans le contexte économique actuel, une taxe est également une mauvaise idée pour la rentabilité des supermarchés de quartier. "Cette année, 60 à 70 % des supermarchés indépendants subiront des pertes dues à la hausse des coûts de l'énergie", indique M. Ardies.