Boeing, qui n'a toujours pas repris les livraisons du 787, voit son bénéfice net chuter de 67 %

Le chiffre d'affaires du constructeur américain, qui n'a toujours pas repris les livraisons du long-courrier 787, a reculé de 2 % entre avril et juin, à 16,68 milliards de dollars et son bénéfice net a chuté de 67 % à 193 millions.

La Libre Eco avec AFP
Boeing, qui n'a toujours pas repris les livraisons du 787, voit son bénéfice net chuter de 67 %
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Boeing a vu son profit chuter au deuxième trimestre mais l'avionneur américain assure être tout près de recevoir le feu vert pour la reprise des livraisons du long-courrier 787 et estime pouvoir redresser sous peu la barre de sa trésorerie.

Le patron de l'entreprise, Dave Calhoun, n'a pas souhaité s'avancer sur une date précise mais l'entreprise est "sur le point" d'obtenir l'autorisation de l'agence américaine de l'aviation (FAA), a-t-il affirmé mercredi sur la chaîne CNBC.

Il s'agirait d'une bouffée d'air pour le constructeur, qui n'a pas livré de 787 depuis plus d'un an après la découverte de plusieurs vices de fabrication, et n'est donc pas payé pour ces appareils.

En attendant, Boeing se repose sur les livraisons du 737 MAX, dont il produit désormais 31 exemplaires par mois.

Grâce à cet avion, interdit de vol pendant 20 mois en 2019 et 2020 après deux accidents mortels, le chiffre d'affaires dégagé par la division d'aviation commerciale ont progressé de 3 % sur le trimestre.

Mais, "même avec une forte demande, nous ne chercherons pas à accélérer les cadences de production ni ne pousserons notre système trop vite", a souligné M. Calhoun dans une lettre aux employés.

Boeing, comme de nombreuses autres entreprises, fait face aux "contraintes de la chaîne d'approvisionnement" et à "l'inflation". Le groupe préfère dans ce contexte donner la priorité "à la stabilité et à la prévisibilité".

Le constructeur américain affirme pouvoir dégager un flux de trésorerie disponible positif sur l'ensemble de 2022, un objectif surveillé de près par les investisseurs.

L'action montait de plus de 3 % dans les premiers échanges à Wall Street.

Carnet de commandes d'Airbus

Boeing vient d'engranger près de 300 commandes et engagements au salon aéronautique de Farnborough (Royaume-Uni), devançant de loin Airbus.

Le carnet de commandes de l'avionneur américain reste moins garni que celui de son concurrent européen mais il ne serait "pas productif" de s'en tenir à la course aux clients, a affirmé M. Calhoun sur CNBC.

Face aux contraintes de production qui vont probablement demeurer pendant plusieurs années, "notre tâche est d'honorer nos commandes" et de s'assurer que le carnet est suffisamment rempli "pour continuer à augmenter les cadences, conserver une production stable et satisfaire les clients", a-t-il déclaré.

Le chiffre d'affaires total du constructeur a reculé de 2 % entre avril et juin, à 16,68 milliards de dollars, et son bénéfice net a chuté de 67 %, à 193 millions.

Hors éléments exceptionnels, le groupe a encaissé une perte de 37 cents par action, deux fois plus importante qu'attendu par les analystes.

La division dédiée à la défense, l'espace et la sécurité a vu son chiffre d'affaires reculer de 10 % et a enregistré deux charges: l'une de 147 millions de dollars liée au MQ-25, futur drone ravitailleur de la Marine américaine, et l'autre de 93 millions liée au vol d'essai en mai de la capsule Starliner après moult péripéties.

Les gains de la division dédiée aux services ont augmenté de 6 %, portés par le retour du trafic aérien après le trou d'air du début de la pandémie de Covid-19.

Pour Peter McNally de la société d'investissement Third Bridge, Boeing semble enfin recommencer à rebondir après plusieurs années difficiles, avec l'accélération des livraisons du MAX et l'amélioration de ses états financiers.

"Même si les inventaires restent élevés, le solde de trésorerie de l'entreprise est au plus haut depuis mi-2020 et la dette totale a continué de baisser pour le quatrième trimestre consécutif", souligne-t-il dans une note.