Baisse de 22 % du bénéfice net de Veolia, à cause notamment des frais d'acquisition de son ancien rival Suez

Et d'une dépréciation des activités en Russie.

La Libre Eco avec AFP
Baisse de 22 % du bénéfice net de Veolia, à cause notamment des frais d'acquisition de son ancien rival Suez
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Veolia estime que l'intégration de Suez est "sur de bons rails" et que ses résultats du premier semestre publiés mercredi témoignent du bien-fondé du rachat de son ancien rival français de l'eau et des déchets.

Veolia a publié un bénéfice net en baisse de 22 % à 236 millions d'euros au premier semestre mais cela s'explique essentiellement par les frais d'acquisition de Suez et une dépréciation des activités en Russie. En dehors de ces éléments non récurrents, le géant français des services à l'environnement (eau, déchets, énergie) a en revanche publié des résultats en nette progression dans l'ensemble et a confirmé ses perspectives annuelles.

Le résultat d'exploitation (Ebitda) atteint 2,953 milliards d'euros, en progression de 41,9 % sur un an. En organique et en comparant avec l'Ebitda combiné de Veolia et Suez il y a un an, cette hausse est de 6,1 %.

Le chiffre d'affaires s'inscrit pour sa part à 20,196 milliards, en hausse de 48 %, ou 14,4 % à périmètre et change constants.

"Veolia réalise à nouveau de très bonnes performances au cours du premier semestre, avec un deuxième trimestre qui suit la même trajectoire positive que celle du premier trimestre", a commenté la directrice générale, Estelle Brachlianoff.

"L'intégration des activités de Suez depuis mi-janvier s'est faite dans d'excellentes conditions et porte déjà ses fruits. Leur contribution en termes de chiffre d'affaires et de synergies est à la hauteur de nos attentes et confirme le bien-fondé de cette acquisition", a-t-elle ajouté.

"Les choses se passent tout à fait bien et sont lancées sur de bons rails, on a toutes les équipes en place depuis le premier jour au mois de janvier, ce qui nous a permis de partir en départ lancé", a indiqué la dirigeante lors d'une conférence avec des journalistes.

En témoigne, selon elle, le chiffre des synergies lié au rachat de Suez, soit les économies réalisées, à 52 millions d'euros.

Veolia a absorbé son vieux rival en début d'année, au terme d'une longue bataille. Un "nouveau Suez" indépendant a été maintenu, mais essentiellement recentré sur ses actifs hexagonaux que le rival n'a pu acquérir pour cause de lois anti-trust.

Veolia a par ailleurs annoncé séparément mercredi la signature d'un traité de fusion pour absorber Vigie SA (l'ex-Suez SA) et ainsi "simplifier et rationaliser" sa structure juridique. Le fusion définitive est prévue le 31 octobre 2022.

Portefeuille "protégé"

Pour l'avenir, Veolia a confirmé ses perspectives annuelles, tablant sur une croissance organique de l'Ebitda entre 4 % et 6 % (à périmètre et change constants) et un résultat net courant autour de 1,1 milliard d'euros, en hausse de plus de 20 %.

Le groupe se montre confiant malgré les incertitudes économiques et les craintes de récession en Occident: "85 % de notre portefeuille d'activités est protégé des hauts et des bas de l'économie", estime Estelle Brachlianoff.

Veolia bénéficie en effet d'une présence dans de nombreux métiers décorrélés de la conjoncture économique: distribution d'eau potable, réseaux de chauffage urbain, efficacité énergétique pour les hôpitaux...

Le groupe estime aussi que l'actualité, à commencer par la sécheresse en France, souligne la pertinence de ses solutions.

Veolia travaille dans la "réutilisation des eaux usées" "pour éviter d'avoir à faire de plus en plus tôt dans l'année des restrictions d'eau et par exemple interdire aux agriculteurs d'irriguer leurs cultures", a souligné Mme Brachlianoff.

Un domaine dans lequel la France, avec 0,1 % de réutilisation de l'eau, est encore très en retard sur l'Espagne, où ce taux monte à 15 %.