Traite d'êtres humains sur un chantier du port d'Anvers : IREM met fin à sa collaboration avec le sous-traitant R.B.E.

La société IREM a décidé de ne plus collaborer avec Raj Bhar Engineering (R.B.E.), alors qu'une enquête pour traite d'êtres humains sur le chantier de l'usine de plastique Borealis est en cours.

La Libre Eco avec Belga
Traite d'êtres humains sur un chantier du port d'Anvers : IREM met fin à sa collaboration avec le sous-traitant R.B.E.
©BELGA

L'entreprise franco-italienne IREM-Ponticelli a mis immédiatement un terme à sa collaboration avec le sous-traitant Raj Bhar Engineering (R.B.E.) après la découverte de 55 victimes potentielles de traite des êtres humains sur le chantier de l'usine de plastique Borealis à Anvers, a indiqué jeudi la société dans un communiqué. Comme sous-traitant, R.B.E. était chargé de fournir la main-d'oeuvre nécessaire sur le chantier portuaire. Une enquête de l'auditorat du travail d'Anvers a mis au jour la semaine dernière qu'aucun permis de travail n'avait jamais été demandé pour ces travailleurs, actifs six jours par semaine pour un salaire d'à peine 650 euros par mois.

R.B.E. dispose de bureaux au Portugal, en Croatie et au Bangladesh. L'entreprise a confirmé à l'agence Belga qu'IREM avait mis fin à leur collaboration. Elle insiste en outre sur le fait que tous les travailleurs détachés en Belgique étaient correctement inscrits au Portugal et ne travaillaient donc pas illégalement. Le sous-traitant ajoute que tous les impôts dus en Belgique ont toujours été honorés.

Une enquête interne lancée chez IREM

De son côté, IREM continue de nier tout comportement frauduleux ou trafic d'êtres humains. "IREM affirme clairement que tous ses travailleurs, de diverses nationalités, sont rémunérés correctement et perçoivent donc un salaire bien plus élevé que celui indiqué dans certains rapports", souligne-t-elle, ajoutant que ses travailleurs sont également logés dans de bonnes conditions."Une partie de nos collaborateurs a été engagée par le sous-traitant R.B.E." mais "nous n'avons aucun lien juridique avec R.B.E., contrairement à ce qui a pu être dit", poursuit l'entreprise. Celle-ci précise encore avoir lancé un audit interne le 15 juillet, après l'inspection menée sur le chantier Borealis.

"Chaque détail administratif lié au recrutement de notre personnel est contrôlé avec l'aide d'un secrétariat social et de conseillers juridiques spécialisés", selon le directeur d'IREM pour l'Europe du Nord et de l'Ouest, Daniele Gibilisco. La société conclut en affirmant vouloir clarifier la situation le plus rapidement possible, mais dépendre pour cela des autorités et de l'enquête en cours.