Deliveroo continue de creuser ses pertes et pourrait bientôt quitter les Pays-Bas

La plateforme de livraison d'alimentation britannique Deliveroo a creusé ses pertes au premier semestre à cause d'une envolée de ses coûts, malgré une progression de son chiffre d'affaires, et envisage son départ des Pays-Bas.

La Libre Eco avec AFP
Deliveroo continue de creuser ses pertes et pourrait bientôt quitter les Pays-Bas
©BELGA

La perte nette part du groupe a augmenté de 41% à 153,8 millions de livres malgré un chiffre d'affaires en hausse de 12 % sur les six premiers mois de l'année, un rythme de croissance qui a cependant ralenti au deuxième trimestre par rapport au premier.

La société a par ailleurs "démarré des consultations sur une proposition de mettre fin à ses opérations aux Pays-Bas, reflétant l'approche disciplinée de l'entreprise en termes de capitaux", puisque le pays européen ne représente qu'environ 1% de son chiffre d'affaires.

Deliveroo maintient ses prévisions avec notamment une valeur brute des transactions attendue en hausse de 4 à 12 % sur l'année, d'après un communiqué mercredi.

Alors que Deliveroo avait largement bénéficié de la pandémie et des périodes de confinement, le fondateur et directeur général Will Shu observe à présent que les consommateurs font face à des "freins" à leurs dépenses avec une inflation qui s'emballe dans de nombreux pays européens."Nous restons confiants dans notre capacité à nous adapter financièrement à tout changement dans l'environnement macroéconomique", ajoute M. Shu.

La société, l'une des plus emblématiques de la gig economy et cible de nombreuses poursuites sur le statut de ses livreurs et leurs conditions de travail, note que l'"accord volontaire de partenariat avec le syndicat GMB au Royaume-Uni a donné lieu à la reconnaissance du statut de travailleurs indépendants" de ses coursiers.

En France, la plateforme a été pour la première fois condamnée le mois dernier pour "travail dissimulé" par la cour d'appel de Paris, qui a confirmé la requalification du contrat de prestation de service d'un coursier en contrat de travail. Le tribunal judiciaire de Paris avait par ailleurs infligé en avril une amende de 375 000 euros à Deliveroo France pour "travail dissimulé", lors d'un premier procès pénal en France de "l'ubérisation", c'est-à-dire une précarisation du travail.

Le groupe ajoute que son offre de livraison de courses s'est renforcée avec de nouveaux partenariats avec les chaines de supermarchés Waitrose, Sainsbury's, Co-op, ASDA et Spar au Royaume-Uni, Auchan en France, Esselunga en Italie et ParknShop à Hong-Kong. Le géant américain du fast-food McDonald's est également désormais présent sur la plateforme au Royaume-Uni.

L'action prenait 0,83 % à 92,00 pence à la Bourse de Londres dans un marché à l'équilibre en début de séance, toujours très en deçà de son prix d'introduction en Bourse en avril 2021, à 390 pence.