Des billets d'avion à 10 euros, c'est fini chez Ryanair : "Vous ne verrez pas ces tarifs durant les prochaines années"

Le patron de la compagnie aérienne Ryanair, Michael O'Leary, a également annoncé qu'une hausse du prix moyen des billets était à prévoir.

La Libre Eco avec AFP
"Je pense que vous ne verrez pas ces tarifs durant les prochaines années", a indiqué Michael O'Leary sur les ondes de la BBC.
"Je pense que vous ne verrez pas ces tarifs durant les prochaines années", a indiqué Michael O'Leary sur les ondes de la BBC. ©BELGA

Les tarifs à 1 euro et 10 euros, marque de fabrique de Ryanair, disparaîtront pendant "plusieurs années" en raison de la flambée des prix du carburant, a déclaré le patron de la compagnie aérienne low-cost. Dans une interview radio à la BBC, Michael O'Leary dit s'attendre à ce que le tarif moyen des billets Ryanair augmente d'environ 10 euros d'ici les cinq prochaines années, passant de 40 euros l'an dernier à 50 euros en 2027.

"Je pense qu'il n'y aura plus de billets à dix euros car les cours pétroliers sont bien plus élevés depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Nos promotions vraiment pas chères (...), je pense qu'on ne va pas voir ces tarifs pendant un certain nombre d'années", a-t-il affirmé sur la radio BBC Radio 4 jeudi.

Les compagnies aériennes à bas coût comme l'irlandaise Ryanair ou sa rivale britannique Easyjet ont bousculé le transport aérien sur les vingt dernières années et cassé les prix, participant à un bond des voyages courts, notamment des escapades urbaines le temps d'un week-end. Et selon M. O'Leary, les tarifs moyens des billets sur Ryanair devraient augmenter de quelque 10 euros, à environ 50 euros par trajet dans les 5 prochaines années. Ce qui, vu la structure tarifaires des low-cost avec de nombreux suppléments, notamment pour les bagages, pourrait faire grimper rapidement le coût total d'un voyage aller-retour à plusieurs centaines d'euros ou de livres et miner la demande.

Attaques ouvertes contre le Brexit

L'envolée des prix pétroliers depuis un an (+36 % pour le Brent coté à Londres) pèse particulièrement lourd dans les coûts des compagnies dites low-cost par rapport aux transporteurs traditionnels, mais elle plombe aussi le budget des ménages. Face aux hausses de prix qui rognent le pouvoir d'achat des britanniques, les grèves se multiplient dans le pays et touchent aussi le secteur aérien: le personnel de sécurité de l'aéroport de Leeds Bradford (nord de l'Angleterre) a ainsi annoncé mercredi soir une grève fin août pour les salaires, qui promet de perturber les retours de vacances.

Michael O'Leary veut toutefois croire que la demande de voyages aériens va se maintenir et que face aux contraintes budgétaires des consommateurs, les transporteurs à bas coût tireront leur épingle du jeu.

Il s'est par ailleurs insurgé contre le Brexit qui a fortement réduit l'accès des travailleurs européens au Royaume-Uni, où ils occupaient des centaines de milliers d'emploi auparavant."Le marché du travail est très tendu, particulièrement pour les emplois peu qualifiés dans l'hôtellerie-restauration, la distribution et l'agriculture, et aussi pour la sécurité et les bagagistes dans les aéroports", souligne le dirigeant."Et s'il y avait un peu d'honnêteté du gouvernement (du Premier ministre sur le départ Boris) Johnson, ils admettraient que le Brexit a été un désastre pour la libre circulation des travailleurs et que l'une des principales difficultés qu'affronte l'économie britannique actuellement, c'est le manque de travailleurs".