La production dans l'usine belge de Yara mise à l'arrêt temporairement, "mais il ne faut pas que la situation dure trop longtemps"

La production d'engrais est ultra dépendante du gaz. La flambée actuelle des prix fait travailler la société à pertes.

La Libre Eco avec Belga
La production dans l'usine belge de Yara mise à l'arrêt temporairement, "mais il ne faut pas que la situation dure trop longtemps"
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La réduction de la production chez Yara à Tertre, annoncée par le groupe norvégien plus tôt, n'aura pas, dans l'immédiat, de conséquences sociales, a indiqué la direction belge lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire jeudi. La décision de la réduction des activités est motivée par le prix record du gaz naturel. Le numéro un européen des engrais azotés avait déjà temporairement arrêté son usine de Ferrare en Italie et celle du Havre en France en début d'année, fonctionnant alors à 45 % de ses capacités totales. Des réductions supplémentaires auront essentiellement lieu dans les jours prochains à Sluiskil (Pays-Bas) et à Tertre (Belgique), a indiqué le groupe norvégien.

"Le groupe a en effet décidé d'arrêter sa production sur la plupart de ses sites européens", confirme Lionel Quebella (FGTB). "Avec le prix du gaz actuel, le groupe travaille à perte. La production d'ammoniaque sur le site de Tertre sera arrêtée le 15 septembre. La production d'engrais suivra, car il y a encore certaines quantités en stock. Le prix des produits de Yara ne sait pas suivre la même courbe d'augmentation que le prix du gaz, principale énergie utilisée. De plus, les engrais sont vendus essentiellement aux agriculteurs, qui connaissent eux aussi des difficultés. Le groupe a de bons résultats dans ses usines de l'hémisphère sud et, grâce à cela, il pourra faire le gros dos pour éviter des répercussions sociales, à Tertre. Mais il ne faut pas que la situation dure trop longtemps. Les travailleurs de Tertre vont continuer à travailler, avec maintien de leurs rémunérations, dans les travaux de maintenance de l'usine."

M. Quebella indique par ailleurs que les sous-traitants de l'usine, ainsi que deux autres usines implantées sur le même site à Tertre, pourraient subir des conséquences de l'annonce du groupe Yara. "Nous sommes clairement dépendants du prix du gaz. On peut craindre que l'annonce de Yara soit la première d'une longue série. Nous demandons au pouvoir politique de prendre ses responsabilités pour aider les particuliers et les entreprises à passer le cap de cette crise énergétique."