"On nous laisse crever à la barrière" : le conflit social s'enlise chez Sagrex

La grève entamée lundi risque encore de se poursuivre, annoncent les syndicats.

La Libre Eco avec Belga
Les travailleurs justifient leur action par l'explosion du coût des carburants qui touche fortement les ouvriers lors de leurs déplacements vers leur lieu de travail.
Les travailleurs justifient leur action par l'explosion du coût des carburants qui touche fortement les ouvriers lors de leurs déplacements vers leur lieu de travail. ©BELGA

Constatant l'enlisement du conflit social en cours, depuis lundi, dans les carrières wallonnes de l'entreprise Sagrex, les instances syndicales annoncent une "grève au finish", a indiqué, vendredi après-midi, un permanent à l'agence Belga. Au lendemain de l'échec de négociations menées mercredi et un appel de la direction de Sagrex à la reprise du travail et au retour au dialogue, les représentants syndicaux ont formulé, jeudi, une nouvelle proposition relative au calcul de l'indemnisation des frais de déplacement des ouvriers, au cœur du litige qui a déclenché lundi un mouvement de grève.

"Rien du tout, voilà la réponse des dirigeants de Sagrex", s'insurge le permanent Frédéric Lucchetta (FGTB). "On nous laisse crever à la barrière, c'est le mépris le plus total à l'égard des travailleurs! Nous avons décidé de ne pas céder et de poursuivre le mouvement jusqu'à ce que la direction daigne faire un geste..."

Entamée lundi, la grève pourrait donc se poursuivre, la semaine prochaine, sur les sites liégeois d'Engis et de Moha, ainsi que dans les carrières namuroises d'Aisemont et de Beez.

"Les délégués soutiennent pleinement l'action des permanents CSC et FGTB avec lesquels la direction ne veut plus négocier", poursuit le porte-parole des grévistes. "L'Allemand Christoph Streicher est le responsable du groupe HeidelbergCement Benelux, dont nous dépendons, et le Français Cyprien Maugras est le patron opérationnel de Sagrex. Ces dirigeants ne partagent pas notre culture d'entreprise, ils adoptent une vision antisociale de la concertation."

Les frais de déplacement au cœur du problème

Si le conflit social ne trouve pas rapidement une issue favorable, les syndicats craignent l'escalade. "Sans geste de la direction, il n'y aura plus aucun conseil d'entreprise, plus aucune réunion de délégation syndicale, plus aucun comité pour la prévention et la protection au travail", menace Frédéric Lucchetta.

Les travailleurs justifient leur action par l'explosion du coût des carburants qui touche fortement les ouvriers lors de leurs déplacements vers leur lieu de travail.

Ces derniers demandent un geste pour les aider à supporter le coût des carburants. Non satisfaits de la réponse apportée par la direction de la société, ils avaient, via leurs représentants, déposé un préavis de grève au début du mois de juillet.

Leader sur les marchés belge et néerlandais, Sagrex emploie près de 400 personnes réparties sur ses 20 sites, dont 18 en Belgique et deux aux Pays-Bas, ainsi qu'au sein de son siège social établi à Braine-l'Alleud. L'entreprise produit des granulats utilisés dans l'industrie de la construction, principalement comme matière première pour le béton.