Entrepreneurs en transition #39 : Trouver une nouvelle énergie…

Une chronique de Roald Sieberath, multi-entrepreneur, coach de start-up et responsable de l'Accélérateur Transition pour LeanSquare, professeur invité à l'UCLouvain et à l'UNamur.

Roald Sieberath
Au final, l’énergie la plus fondamentale qu’il va falloir préserver, c’est l’énergie humaine pour bien aborder tous ces défis.
Au final, l’énergie la plus fondamentale qu’il va falloir préserver, c’est l’énergie humaine pour bien aborder tous ces défis. ©D.R.

Libre Eco week-end |

C’est la rentrée, la reprise. On espère que les vacances ont été mises à profit pour "recharger les batteries". Cette métaphore courante souligne bien l’importance de notre énergie interne… mais est aussi un rappel de la situation énergétique actuelle.

Le sujet est sur toutes les lèvres, inquiète les citoyens et les entreprises, occupe notre Codeco, mais personne n’a de baguette magique. Dans certains contextes, le prix de l’énergie a été multiplié par 10… Dans des secteurs où la facture d’énergie représentait 2 % des coûts annuels de l’entreprise (autant dire qu’elle n’était pas au centre des préoccupations), elle en représente à présent 20 %…

Le citoyen lambda va peut-être croire que ces questions d’énergie concernent surtout notre chauffage et nos transports, parce que c’est par là qu’il est d’abord affecté. Mais l’énergie est partout dans notre économie, ça n’étonnera pas ceux qui suivent des pionniers comme l’ingénieur Jean-Marc Jancovici (co-auteur de l’outil "bilan carbone" dès le début des années 2000).

Quand on le voit sous cet angle, à peu près chaque objet qui nous entoure a un "contenu carbone", équivalent à l’énergie (essentiellement fossile) qui a permis de le construire. L’énergie a longtemps été bon marché, et cela explique pourquoi les efforts pour l’économiser sont souvent restés modestes. À présent, des augmentations aussi drastiques vont mettre les questions énergétiques à l’avant-plan, et dans la durée. Si on veut y voir une once de positivité : de la même manière que la crise Covid a amené une transformation numérique plus radicale et rapide que n’importe quel plan volontaire, la crise énergétique actuelle va nous obliger à repenser de fond en comble tout le "contenu énergétique" de notre économie. Parfois de façon douloureuse, comme cette entreprise de vergers, dont le post Facebook "chronique d’une mort assurée" a été partagé près de 40 000 fois. Cette PME de 25 personnes explique que pour sa centrale frigorifique, le kilowatt-heure est passé de 60 € en 2020 à 800 aujourd’hui, et que ça implique un surcoût de 50 000 €/an, qu’ils ne peuvent pas supporter. Ce n’est qu’un exemple, qui va toucher des milliers d’entreprises, avec un effet en cascade.

Au final, l’énergie la plus fondamentale qu’il va falloir préserver, c’est l’énergie humaine pour bien aborder tous ces défis.