Entrepreneurs en transition #43 : Accélération et nécessité

Une chronique de Roald Sieberath, multi-entrepreneur, coach de start-up et responsable de l'Accélérateur Transition pour LeanSquare, professeur invité à l'UCLouvain et à l'UNamur.

Roald Sieberath
Entrepreneurs en transition #43 : Accélération et nécessité
©D.R.

Les "accélérateurs" de projets start-up ont pris le monde comme une vague depuis le milieu des années 2000. Auparavant, on connaissait le modèle plus classique de l’incubateur, qui suit une poignée de projets dans la durée, au fil de 2 à 5 ans. L’accélérateur accompagne une cohorte d’une vingtaine d’entrepreneurs pendant une période beaucoup plus courte, typiquement de trois mois.

Popularisé par Y Combinator (qui est le sommet du genre, ayant mené à la création de succès tels que AirBnB, Dropbox…), un programme d'accélération emmène les entrepreneurs dans un parcours intensif de formations, de challenges… pour terminer par une journée de pitch. Derrière quelques pionniers américains (500 Startups, TechStars, etc.), ce modèle s'est répandu sur la planète, avec un millier de programmes d'accélération de par le monde. J'ai péché aussi dans cette vague, en co-créant, dès 2009, le Boostcamp au MIC avec Ben Piquard, sans doute un des tout premiers programmes du genre dans notre pays.

Tous ces programmes ne produisent pas automatiquement des boîtes à succès. Un paramètre important, c’est la "zone de chalandise" : Y Combinator ou 500 Startups reçoivent des projets du monde entier et des milliers de candidatures par session, parmi lesquelles ils en sélectionnent… une trentaine. Après accélération, quand on regarde avec le recul, 80 % de ces projets accélérés vivotent ou n’existent plus… Les succès à des degrés divers se comptent parmi les 20 % restants.

Revenons à aujourd’hui. Certaines entreprises se trouvent cigales de n’avoir pas veillé à améliorer (ou simplement analyser) leur consommation énergétique quand les temps étaient plus favorables. C’est à présent la nécessité impérieuse de réduire ses factures énergétiques qui amène certaines start-up dans une forme d’accélération de leurs démarches d’isolation, de réduction des besoins… Un accélérateur bien dur, sans coaches, sans paillettes et avec des deadlines sévères.

Certains modèles sont malheureusement trop difficiles à changer en l’espace de quelques mois, et on voit les premières PME qui annoncent qu’elles risquent de "ne pas passer l’hiver". C’est pourtant dans ces conditions extrêmes que peuvent apparaître les solutions les plus radicales également, parfois au prix d’un changement complet du modèle de l’entreprise.

Espérons un partage d’expériences par ces pionniers, pour éclairer les autres et les guider jusqu’à la renaissance du printemps.