Engie est très "inquiet" du projet belge de taxation des surprofits : la prolongation du nucléaire en danger ?

L'entreprise a réagi à l'annonce du projet de taxation de la ministre Tinne Van der Straeten.

L. Lam.
Engie indique que cette taxe pourrait avoir des répercussions sur sa capacité à investir en Belgique, notamment dans la “possible prolongation” de Doel 4 et Tihange 3.
Engie indique que cette taxe pourrait avoir des répercussions sur sa capacité à investir en Belgique, notamment dans la “possible prolongation” de Doel 4 et Tihange 3. ©BELGA

La ministre de l’Énergie, Tinne Van der Straeten (Groen), a annoncé les contours de son projet de taxation des surprofits réalisés dans le secteur de l’énergie. L’idée est notamment de taxer les producteurs d’électricité lorsqu’ils vendent leur production au-dessus du prix de 130 euros par MWh, un niveau plus strict que le minimum de 180 euros préconisé par l’Europe. Dans le viseur, il y aurait notamment les centrales nucléaires, dont les coûts de production sont nettement inférieurs, de l’ordre de 30 ou 35 euros par MWh.

Contacté, Engie, le propriétaire des centrales, se dit "fortement inquiet" par ce projet. Engie relève que le gouvernement souhaite aller "considérablement plus loin" que ce que propose l'Europe. L'énergéticien indique que cette taxe pourrait avoir des répercussions sur sa capacité à investir en Belgique, notamment dans le renouvelable, dans son projet de nouvelle centrale au gaz, mais aussi dans la "possible prolongation" de Doel 4 et Tihange 3. Engie indique également que ce projet pourrait constituer une possible double taxation de ses revenus nucléaires. Pour rappel, une taxe nucléaire spécifique touche déjà ses réacteurs. L'énergéticien appelle donc à être consulté sur le projet.

Pour sa part, Tinne Van der Straeten indique que la proposition belge découle de l’accord intervenu au niveau européen. Selon l'écologiste, elle tiendra donc la route juridiquement. En outre, Tinne Van der Straeten estime que son projet ne sera pas remis en question par la convention signée entre le gouvernement Michel et Engie en 2015. Pour rappel, cette convention encadre notamment le régime de taxation du parc nucléaire d’Engie.