Jusqu'à 85 % de l'eau chaude "gratuite": voici comment Wanit réinvente le chauffe-eau

La start-up a développé un chauffe-eau relié à des panneaux photovoltaïques. Avec de solides ambitions.

Christian Bayet (à gauche), ici en compagnie de l'un de ses partenaires au sein de Wanit, Pierre Secret.
Christian Bayet (à gauche), ici en compagnie de l'un de ses partenaires au sein de Wanit, Pierre Secret.

Libre Eco week-end | La start-up à impact

Combiner efficacité énergétique, sobriété écologique et rentabilité économique. Tel est le credo de Wanit, une petite start-up qui a développé un système permettant une autoconsommation photovoltaïque intégrale pour répondre aux besoins en eau chaude des habitations résidentielles ou des entreprises, tout en réduisant les factures d’électricité ou de gaz.

La performance énergétique est une thématique qui est au cœur de l'action de Christian Bayet depuis un bon moment déjà. Il a ainsi fondé Wanit, qui est en quelque sorte une spin-off du bureau d'architecte qu'il avait créé précédemment. "Toute notre réflexion est partie d'un constat : la grande difficulté d'intégrer des énergies renouvelables sur le bâti. Et sur le fait que, dans la plupart du temps, les énergies renouvelables mises à disposition ne sont pas rentables. Même en y associant un paquet de subsides", nous explique Christian Bayet. Et d'ajouter : "On s'est rendu compte que le premier point de consommation des ménages pendant toute l'année et qui peut être corrélé avec le soleil, c'est l'eau chaude".

Système modulaire et polyvalent

L’idée maîtresse était née. Un tour du monde en bateau en famille plus tard, le temps pour Christian Bayet de mettre les dernières idées en place, et l’entreprise voit le jour en 2019. Les premières années sont notamment consacrées à la recherche, à la validation du projet et au design des produits.

"Nous développons un chauffe-eau relié à des panneaux photovoltaïques (max. 2.400 Wc). Mais il ne s'agit que de la première pièce du puzzle. Ce n'est pas ici seulement du solaire thermique, mais un système beaucoup plus modulaire et polyvalent : on peut ainsi raccorder les lampes dans la maison au système sans avoir besoin de revendre de l'énergie sur le réseau, le tout en étant autonome et en stockant l'énergie produite via des batteries", explique notre interlocuteur. Basée à Bruxelles, Wanit avance des chiffres impressionnants : jusqu'à 85 % de l'eau chaude gratuite et 98 % de la production électrique valorisée.

Ambitions européennes

"Toute l'électronique a été conçue et fabriquée en Belgique, dans notre atelier, même si, évidemment, les composants électroniques viennent de Chine et que nous ne fabriquons pas les cuves nous-mêmes", précise Christian Bayet. Qui enfonce le clou : "C'est le premier système qui est rentable tout seul sans subsides. Tous les autres systèmes ont encore besoin de mécanismes de soutien, de compteurs qui tournent à l'envers ou de primes comme le solaire thermique. Pour quelqu'un qui chauffe son eau avec un boiler électrique, avec les tarifs actuels de l'électricité, le retour sur investissement du système Wanit est de moins de cinq ans. Pour ceux qui se chauffent au gaz, c'est autour de 7 à 8 ans". Le coût de l'installation est évalué, lui, entre 4 000 et 5 000 euros, selon la configuration.

"La phase de commercialisation a débuté et nous montons en puissance. Nous sommes en train de procéder aux installations suite aux premières ventes réalisées avant l'été. Nous ne sommes pas encore présents en Flandre, mais cela va arriver bientôt. Le nord de la France suivra en 2023, avant de s'attaquer au reste du marché européen", explique-t-il encore, pointant notamment le grand potentiel du marché français, un marché très électrifié, là où la Belgique dépend davantage du gaz.

Objectif : réaliser plus de 5 000 ventes par an d’ici cinq ans. Une croissance qui devrait avoir un effet bénéfique sur l’emploi : aujourd’hui limitée à 3,5 équivalents temps plein, Wanit pourrait employer entre 10 et 15 personnes d’ici cinq ans. En attendant, pour financer cette croissance, la start-up procédera à terme à une deuxième levée de fonds. Notamment pour accroître les capacités de production de son atelier.