La brasserie Brussels Beer Project cessera d'exporter en dehors de l'Europe dès 2023

La brasserie a pour objectif de devenir la meilleure de sa catégorie en matière de respect de l'environnement.

Brussels Beer Project
"Nous ne voulons pas regarder les 24 prochains mois, nous voulons regarder les 24 prochaines années", affirme Sébastien Morvan, cofondateur de la brasserie. ©Belga

La brasserie Brussels Beer Project a décidé d'arrêter ses exportations en dehors de l'Europe à partir du 1er janvier 2023. Elle travaillera plus localement afin d'avoir un impact plus positif sur l'environnement et au sein du secteur brassicole. La brasserie bruxelloise a également annoncé jeudi avoir obtenu le label durable "B Corp". Neuf ans après sa fondation, Brussels Beer Project est déjà bien implantée à l''étranger. Elle exporte vers huit pays extra-européens dont le Brésil, les Etats-Unis, la Thaïlande, Hong Kong et l'Australie. Elle dispose même d'une "taproom" (un lieu où elle fabrique ses propres bières, ndlr), à Tokyo, au Japon. Les exportations annuelles hors Europe représentent plus de 500.000 bouteilles de bière.

"Nous trouvions intéressant que nos bières fassent le tour du monde, car c'était exotique et sexy", déclare Olivier De Brauwere, cofondateur. "Nous avons également lancé Brussels Beer Project avec certaines valeurs, et pour avoir un impact", explique-t-il.

La brasserie relocalisera donc ses activités. La perte due à la fin des exportations hors Europe n'aura pas un impact trop élevé sur les revenus de l'entreprise étant donné qu'elle vend 83% de sa production en Belgique. L'impact en termes de diminution d'émissions et d'utilisation de matières premières sera, quant à lui, significatif. En effet, la bière était expédiée dans des conteneurs réfrigérés et des fûts en plastique jetables.

"Ce sont des commandes importantes, surtout dans le contexte économique actuel", explique Sébastien Morvan, cofondateur. "Mais nous ne voulons pas regarder les 24 prochains mois, nous voulons regarder les 24 prochaines années", précise-t-il.

Vers le local et le circulaire

Brussels Beer Project revient donc à ses racines locales, et c'est d'ailleurs pour cela que la brasserie a obtenu le label "B Corp". Le processus d'évaluation en vue d'obtenir ce label a duré deux ans et porte sur cinq domaines : la gouvernance, les employés, les clients, la communauté et l'environnement.

La brasserie a surtout marqué des points pour son approche circulaire. La bière Babylone, par exemple, est faite à partir de pain frais invendu et recyclé. La brasserie bruxelloise s'est également démarquée grâce à la gestion de son personnel et de sa communauté de crowdfunders. Depuis 2020, la brasserie collabore avec l'industrie belge du houblon et l'agriculture régénératrice locale pour produire et acheter des grains de malt.

Bien connu en Amérique, le label "B Corp" s'implante de plus en plus en Europe. En l'ayant obtenu, Brussels Beer Project pense devenir une référence Internationale. Celui-ci est renouvelé tous les trois ans.

"C'est un outil intéressant car il donne de la crédibilité . En fait, il est très difficile de savoir où nous en sommes et ce que nos efforts rapportent", déclare M. Debrauwere. La brasserie a pour objectif de devenir la meilleure de sa catégorie en matière de respect de l'environnement et il reste beaucoup de chemin à parcourir, selon son cofondateur.