Introduction en Bourse et alliance chinoise : Renault annonce deux grands changements à venir en 2023

L’alliance historique avec le constructeur japonais Nissan va laisser place à une nouvelle avec le chinois Geely. La filiale électrique du groupe va également faire son entrée en Bourse en 2023.

L'action de Renault a bondi en bourse : +6%.
La marque au losange compte introduire sa filiale à la Bourse de Paris "au plus tôt au second semestre 2023". ©AFP

Le constructeur automobile français Renault a présenté une "révolution" qui doit attirer les investisseurs, lançant son projet de faire entrer ses voitures électriques en Bourse et partageant l’ancien monde de la motorisation thermique avec le Chinois Geely.

Sa nouvelle filiale électrique baptisée "Ampere" -sans accent- rassemblera 10 000 salariés en France pour produire un million de véhicules électriques sous marque Renault à horizon 2031, a précisé le groupe en amont d’une journée dédiée aux investisseurs à Paris.

Ampere vise plus de 30 % de croissance annuelle dans les huit prochaines années, et 10 % de marge en 2030, contre 4,7 % pour le groupe Renault au premier semestre 2022. Ampere produira notamment les nouvelles Renault 5 et Renault 4 dans le Nord de la France.

La marque au losange compte introduire cette filiale à la Bourse de Paris "au plus tôt au second semestre 2023" et financer ainsi son coûteux virage électrique tout en conservant "une forte majorité" dans Ampere. Le fabricant américain de puces électroniques Qualcomm, fournisseur de Renault, s’est déjà positionné comme actionnaire d’Ampere.

Renault, dont l’État français et Nissan possèdent chacun 15 %, doit encore préciser la part que prendra son partenaire japonais dans sa nouvelle filiale électrique.

Alliance thermique avec Geely

Cette réorganisation annonce une refonte profonde de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, avec une réduction de la part de Renault au capital de Nissan.

Du côté des moteurs thermiques, Renault partagera ses activités à 50/50 avec le groupe chinois Geely, déjà propriétaire de Volvo. Les deux partenaires vont créer un équipementier appelé "Horse" (cheval) qui développera et produira des moteurs, des boîtes de vitesses et des systèmes d’hybridation destinés aux voitures thermiques (essence et diesel) et hybrides.

Cet attelage franco-chinois comptera 19 000 employés en Europe (Espagne, Roumanie et Suède), en Chine et en Amérique du Sud, avec dix-sept usines et cinq centres de R&D. Son chiffre d’affaires, estimé à plus de 15 milliards d’euros, devrait croître de 4 % jusqu’en 2027.

Les finances du groupe restent cependant fragiles : Renault avait commencé à se remettre d’une perte historique due à la pandémie de Covid-19 en 2020 avant de prendre un nouveau coup avec son retrait de Dacia en Russie au printemps 2022.

Remettre Alpine au premier plan

Une nouvelle entité, "Power" (puissance), rassemblera par ailleurs toutes les activités thermiques et hybrides du losange : la filiale Horse, donc, mais aussi les voitures non électriques de la marque Renault, celles de sa marque économique Dacia, qui va progressivement s’électrifier et qui vise une marge de 15 % en 2030, et les véhicules utilitaires.

La marque sportive Alpine va aussi prendre de l’ampleur en s’ouvrant aux investisseurs. Alors qu’elle ne fabrique pour l’instant qu’un modèle, l’A110, vendu à quelques milliers d’exemplaires, elle va s’appuyer sur sa nouvelle notoriété due à sa présence en Formule 1 pour rechercher des investisseurs.

Outre la prochaine A110, une petite berline et un SUV, tous électriques, Alpine prévoit aussi de lancer une grande berline et une berline de luxe, et s’étendre notamment en Amérique du Nord ou en Chine.

Le groupe a également annoncé un renforcement de son partenariat avec Google pour concevoir une nouvelle plateforme électronique pour ses véhicules à partir de 2026.