Interdiction de la publicité pour les jeux de hasard : les médias actifs en Belgique demandent au gouvernement de revoir sa copie

Pour les médias actifs en Belgique, cette interdiction manquera son objectif et fera les affaires des opérateurs illégaux et des géants étrangers de la tech.

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Les grands médias du pays appellent “le gouvernement à travailler en concertation à une régulation juste, conformément à l’avis de la commission des Jeux de hasard”. ©Shutterstock

Le dossier de l’interdiction totale de la publicité pour les jeux de hasard en ligne et sous licences dans les médias actifs en Belgique revient sur la table du gouvernement. En mai de cette année, l’exécutif avait annoncé son intention d’agir dans ce sens mais l’arrêté royal déterminant les modalités d’exécution avait été modifié à la suite des critiques venant de l’Europe et du Conseil d’État.

Un texte forcément controversé, contesté par les grands groupes de médias du pays qui estiment qu’il rate son objectif – celui d’une meilleure protection des joueurs et d’une lutte plus efficace contre la dépendance au jeu – et ne contribuera qu’à servir les intérêts des opérateurs illégaux, des géants étrangers de la tech ou des réseaux sociaux, qui passeront les uns comme les autres sous le radar de cette interdiction.

Dans un communiqué commun, les grands médias du pays – IPM (La Libre, DH, L’Avenir…) mais aussi Rossel (Le Soir…), DPG Media (VTM, Het Laatste Nieuws…), RTL, NGroup (Nostalgie, NRJ…) ou la RMB (RTBF) – ont enfoncé le clou jeudi soir, appelant “le gouvernement à travailler en concertation à une régulation juste, conformément à l’avis de la commission des Jeux de hasard”.

Discrimination

“En raison de la dimension mondiale d’Internet et de l’offre illégale massive, il ne suffit pas de mettre passivement à disposition des joueurs une offre légale pour obtenir une canalisation suffisante. Les consommateurs doivent en effet être informés de l’existence d’une offre à la fois fiable, protégée et légale”, argumentent les groupes de médias. Tout en ajoutant qu’une interdiction de la publicité – outre des conséquences économiques très défavorables – ferait “obstacle à toute possibilité de prévention” et ne permettrait pas de rediriger les joueurs vers le circuit légal.

Afin de prévenir une discrimination à l’encontre des médias actifs en Belgique, ces derniers demandent donc au gouvernement de revoir rapidement sa copie. Tout en se disant déterminés à “vouloir prendre des initiatives avec le secteur pour limiter les répercussions de la publicité pour les jeux de hasard”.