Chaque fois qu'un palmarès de la compétitivité est publié, la Belgique régresse. Où cela va-t-il s'arrêter?

Ces divers classements confirment notre analyse et les études que nous présentons régulièrement comme le «Focus Lisbonne». Le rapport technique élaboré par les partenaires sociaux au Conseil central de l'économie va dans le même sens, le rapport de la Banque nationale met l'accent sur notre handicap salarial; l'évolution de notre commerce extérieur montre que nous sommes en train de perdre des parts de marché. Le problème est préoccupant.

Il ne faut pas dire que la Belgique ne fait rien. La réforme de la fiscalité pour les particuliers et les entreprises est un exemple. Ce qui est aussi positif, c'est que les partenaires sociaux ont adopté une position commune et que le gouvernement a pris les choses en main. Naturellement, les grandes mesures ne tomberont qu'à la fin de l'année. Il faut voir aussi que les autres pays agissent et que l'écart se creuse.

Les études internationales sont-elles fiables?

Dans une large mesure, oui. Vu que nous sommes partenaires de l'institut IMD de Lausanne, nous lui fournissons certaines données. Mais celui-ci effectue aussi lui-même des recherches. Il mentionne ainsi une détérioration au niveau de l'impôt des personnes physiques. C'est bizarre et cela ne vient évidemment pas de la FEB. Il ne faut pas en déduire que l'ensemble de l'étude n'est pas fiable et jeter sur elle le discrédit. Nous n'avons décelé qu'un indicateur suspect sur plus d'une centaine alors que les statistiques changent chaque année. Les principales conclusions de l'étude tiennent la route.

Nous sommes loin du peloton de tête. L'effort entrepris sera-t-il suffisant?

Il y a encore beaucoup de choses à faire, à commencer par la diminution des charges qui pèsent sur le travail et la dynamisation du marché de l'emploi. Il faut aller plus vite et plus loin.

© La Libre Belgique 2006