Quel est votre sentiment à l'égard de l'importante restructuration envisagée à VW-Forest ?

Je suis doublement étonné. D'une part, par l'ampleur de la réduction d'emplois envisagée. Il s'agit d'un cas social sérieux. Il faut d'abord penser aux travailleurs et à leur famille. D'autre part, par la grande brutalité de l'annonce délivrée par la direction. Il y a une absence totale de perspectives compensatrices d'avenir pour transmettre un message d'espoir. Maintenant, il faut se mettre sur la voie de la collaboration avec tous les niveaux de pouvoir (les trois Régions et le fédéral). Mais aussi se poser des questions plus générales quant au manque de procédure pour anticiper et encadrer de telles situations. Car les institutions nationales et européennes semblent impuissantes face à cette décision.

Le gouvernement bruxellois avait soutenu financièrement la création de l'Automotive Park. Comptez-vous réclamer le remboursement des aides régionales ?

Il faut d'abord examiner la base juridique. Nous sommes encore dans une phase de discussion. Nous avons la volonté de chercher des solutions de manière positive. Il n'y aura de mesures de rétorsion que s'il y a absence de bonne volonté de la part de la direction. La direction et les syndicats vont entamer la procédure de concertation prévue dans la loi Renault. Nous allons nous mettre au travail pour analyser les pertes d'emploi, réaliser un inventaire des effets collatéraux pour les sous-traitants, et discuter avec les Régions flamande et wallonne pour mettre en place une cellule de reconversion. Il faudra trouver des solutions pour les gens qui perdront leur emploi.

A ce titre, quelle est la marge de manoeuvre du gouvernement bruxellois ?

Au travers de la cellule de reconversion, de la cellule de crise, de l'Orbem, de l'Agence bruxelloise pour les entreprises (ABE), des centres de formation, nous avons la capacité de faire quelque chose mais cela sera fonction du timing de l'avancée des décisions. On pourrait, par exemple, confier un nouveau modèle à VW-Forest. Mais il faudra gérer une période de transition avant cela. Néanmoins, pour l'heure, nous n'avons pas encore toutes les informations pour évaluer le temps que prendra cette période transitoire.

© La Libre Belgique 2006