L'industrie automobile a-t-elle, selon vous, un réel avenir en Belgique, et à Bruxelles en particulier ?

Audi Brussels est un vrai signal positif. Mais dans ce secteur difficile, un avenir n'est assuré que pour les six ans qui suivent le lancement d'un nouveau modèle. Ici, la nouvelle Audi A1 sera lancée en 2009. Vers 2015, ce modèle sera fini et il faudra lui trouver un successeur. D'ici là, ça ira, si le marché se porte bien et que le produit rencontre un beau succès.

L'avenir du secteur est-il aussi conditionné à de nouveaux efforts à fournir ? Dans ce cas, lesquels ?

Des efforts doivent en effet être envisagés, mais pas seulement par le personnel. L'on sait qu'à Forest, il faut réduire les coûts de 20 pc. En Belgique, les usines reçoivent des modules à assembler mais n'ont la responsabilité ni des achats, ni du marketing par exemple. Alors, comme les coûts salariaux sont l'un des seuls maîtrisés à Bruxelles, des changements interviendront inévitablement à ce niveau. Mais ils ne suffiront pas. Autre marge de manoeuvre : les coûts de l'énergie. Il faudra, là aussi, être particulièrement vigilants. Ensuite, il y a tout le volet des aides que peuvent apporter les pouvoirs publics. Le gouvernement a doublé la réduction des charges pour le travail de nuit. Cette réduction devrait encore augmenter.

Enfin, il est indispensable de travailler sur l'innovation. En terme de produits mais aussi en matière de processus. Il convient de réfléchir notamment à d'autres manières de s'organiser.

Les usines d'Europe occidentale peuvent produire 19 millions de voitures par an. Mais la demande des acheteurs ne dépasse pas 15 millions. La surcapacité de production crée des conditions de concurrence presque sauvage entre les usines d'un même groupe. Dès lors, en quoi la Belgique peut-elle rester attrayante pour les producteurs ?

D'abord, il faut savoir que si beaucoup d'usines s'ouvrent en Europe de l'Est, les marchés intérieurs ne suivent pas, là-bas. Les gens n'ont pas l'argent pour investir dans l'auto. Ensuite, je pense que la Belgique offre des avantages en termes de manière de travailler, de productivité, d'expérience du personnel et de son niveau d'éducation. Sa connaissance des langues par exemple. (M.Bs)