Le géant bancaire britannique HSBC a décidé de relancer son plan de restructuration prévoyant 35.000 suppressions d'emplois dans le monde, après l'avoir suspendu un temps pendant la pandémie.

Le géant bancaire britannique HSBC a décidé de relancer son plan de restructuration prévoyant 35.000 suppressions d'emplois dans le monde, après l'avoir suspendu un temps pendant la pandémie. Le directeur général du groupe Noel Quinn l'a annoncé dans un message interne envoyé au 235.000 salariés, dont le contenu a été confirmé à l'AFP par la banque. "Nous ne pouvons pas faire une pause indéfiniment dans les suppressions d'emplois", écrit M. Quinn, les estimant "même encore plus nécessaires aujourd'hui". Il a ajouté que la banque allait geler la grande majorité de ses recrutements externes.

Le syndicat britannique Unite s'est quant à lui emporté contre la décision de HSBC et rappelle s'opposer à tout licenciement. "La question qui doit être posée c'est "Pourquoi maintenant HSBC ? Une grande partie du personnel fait des sacrifices énormes en travaillant de la maison ou en prenant des risques en se rendant dans les bureaux et les agences de la banque, pourquoi maintenant ?", s'interroge Dominic Hook, un responsable du syndicat.

En février, avant que le coronavirus ne devienne une pandémie, HSBC avait annoncé la suppression de 35.000 emplois en trois ans et une sévère réduction de voilure aux Etats-Unis et en Europe, afin de se concentrer davantage sur l'Asie. En raison du Covid-19 et de la paralysie de l'activité, la banque avait suspendu temporairement ce plan fin mars, mais l'impact de la pandémie sur l'activité est tel que la banque entend désormais pousser encore plus loin la restructuration, révélait fin mai le Financial Times.

La crise sanitaire plombe ses résultats financiers, avec une chute de 57% du bénéfice net au premier trimestre. La banque s'attend à ce que la facture des crédits impayés en 2020 se situe dans une fourchette entre 7 et 11 milliards de dollars.

HSBC s'est par ailleurs retrouvée récemment au coeur d'une polémique après avoir affiché son soutien au régime chinois à Hong Kong. La banque, habituée jusque-là à la plus grande prudence sur le sujet, s'est attirée les foudres d'investisseurs et de responsables politiques. "Les entreprises prendront leurs propres décisions. Nous ne sacrifierons pas la population de Hong Kong sur l'autel des bonus des banquiers", a réagi lundi le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab.