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C’est la plus grande manifestation du genre au monde : le Salon international de l’aéronautique et de l’espace (SIAE) s’ouvre ce lundi sur l’aéroport du Bourget, au nord de Paris, où il se tient jusqu’au 23 juin. Accessible le week-end au grand public, il est surtout dévolu aux professionnels, réunissant 2.215 exposants, 350 chalets, 27 pavillons nationaux. C’est aussi une immense exposition qui, cette année, devrait montrer quelque 130 appareils de toutes catégories, qu’ils soient commerciaux, militaires de transport ou de combat, hélicoptères, drones, missiles, avions d’affaires ou de tourisme

Le Bourget, comme on l’appelle familièrement, est bien sûr un show médiatique, où les grands constructeurs d’avions pratiquent le bombardement de communication. L’on se souviendra de l’incroyable record réalisé par Airbus, en 2011, qui pouvait se vanter de 720 prises de commandes au Salon. C’était, bien sûr, après le lancement de la version remotorisée de son best-seller, l’A320, devenu pour le coup NEO (New engine offer). Sans espérer de tels résultats, car il ne propose aucun nouvel appareil, l’avionneur européen, par la voix de son patron Fabrice Brégier, prévoit des "centaines" de commandes.

Toutes réellement concrétisées sur les quatre jours professionnels du Bourget ? C’est une autre histoire : comme par hasard, le carnet de commandes d’Airbus n’a pas bougé en mai dernier : 493 avions, un chiffre identique à celui de fin avril. Comme si toutes les compagnies clientes retenaient leur souffle pour le Salon de l’aéronautique Loin de ses terres américaines, Boeing, lui, ne joue pas le même jeu : de 255 commandes fin avril, il est passé à 435 au 4 juin, rattrapant ainsi une grosse partie de son retard sur le concurrent européen. Mais, ce dernier ayant relevé ses prévisions annuelles à 800 commandes, la bataille transatlantique promet d’être chaude. Et a déjà commencé puisqu’on annonçait, dès dimanche soir, la prise de commande de 50 A320 NEO par le loueur ILFC.

Le centre de gravité de la bataille s’est cependant déplacé des moyen-courriers, comme l’A320 et le B-737, aux long-courriers. Ces derniers, plus chers à la vente, sont aussi bien plus profitables aux avionneurs. Airbus a marqué un grand coup en faisant voler, pour la première fois, son nouvel A350 XWB. C’était vendredi dernier, et le vol a été parfaitement réussi, au point d’autoriser les espoirs de survol du Bourget en fin de semaine, vendredi sans doute.

A cela, Boeing réplique avec la probable annonce d’une version allongée du Dreamliner, le B-787-10. L’avionneur américain vient aussi avec deux B-787 actuels, un avion à nouveau autorisé à voler après quasi quatre mois d’immobilisation pour problèmes de surchauffe de batterie. Et il volera au Bourget, tout comme les Airbus A380 et A400M. Cela promet du beau spectacle dans le ciel parisien, où une quarantaine d’aéronefs afficheront leurs capacités. On y verra -- et entendra!- le dernier-né de l’aviation de combat russe, le Sukhoi 37 qui promet bien des vibrations.

Le plus que centenaire Bourget, dont c’est la cinquantième édition, est avant tout un indispensable lieu de rencontre entre professionnels du secteur. Au total, l’aéroport parisien, transformé en grande surface d’exposition et d’affaires, attend 350 000 visiteurs.