Ce sont des chiffres qui donnent le vertige. D’après la Commission européenne, les pays membres ont injecté 671 milliards d’euros en capital et en prêt dans leurs banques - ainsi que 1 288 milliards en garanties - depuis le début de la crise financière en 2007. Cette aide massive visait à sauver l’entièreté du système bancaire européen de la banqueroute. Face au mur, la Commission explique d’ailleurs avoir rapidement adapté son "cadre d’aides d’Etat", d’habitude restrictif, pour mettre en place une réponse "efficace" à la crise financière.

Entre 2007 et 2014, la Commission a ainsi notifié l’aide à 112 institutions bancaires européenne, ce qui représente près de 30 % (en actifs) du système bancaire de l’Union européenne. La Commission a approuvé l’aide de différents Etats à 12 des 20 plus grandes institutions bancaires de l’Union.

La moitié du système bancaire belge

La Belgique est l’un des pays qui a le plus contribué dans le sauvetage de ses banques d’après la Commission, qui estime que plus de 50 % du système bancaire belge (en actifs) a reçu un "soutien" d’Etat. On songe notamment à l’aide apportée à Axa Bank, Belfius, Dexia ou KBC.

D’habitude tatillonne envers les aides publiques, la Commission européenne estime que ces injections financières venues des Etats étaient justifiées. Elles auraient d’ailleurs préservé "la stabilité financière et l’intégrité du marché interne".

"Ces aides ont été payantes", considère ainsi la Direction générale de la Concurrence dans un rapport publié ce jeudi. "Les banques qui ont été soutenues et restructurées ont montré des améliorations significatives dans leurs indicateurs de risques opérationnels et dans leur solvabilité", explique le document qui se base sur les derniers résultats des "stress-tests", datant de fin octobre dernier. A cette occasion, la Banque centrale européenne (BCE) a testé la "résistance" de 130 institutions financières à une dégradation de la conjoncture ou des marchés financiers.

Vingt-cinq banques ont échoué à ces tests, dont les Belges Dexia et Axa Bank. Mais du côté de la Commission, on décèle certains points positifs. "La plupart des banques qui ont été aidées par les Etats ont passé avec succès ces tests confirmant leur solvabilité", estime la Direction générale de la Concurrence.

Quant aux dix banques aidées et qui ont échoué à cet exercice, "elles ne sont encore que dans les premières années d’un processus de restructuration" conclut le rapport.R.Meu.