ABN Amro a dit oui, mais...

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ABN Amro a dit oui, mais...
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La banque britannique Barclays semble avoir remporté une manche décisive lundi, en annonçant la conclusion d'un accord en vue de racheter le groupe financier néerlandais ABN Amro pour quelque 67 milliards d'euros. Un montant gigantesque qui place cette opération bien au-dessus de tout ce qui s'est fait auparavant dans le secteur en Europe. Le but ? Créer le deuxième acteur bancaire en Europe après le groupe britannique HSBC, avec une capitalisation boursière d'environ 140 milliards d'euros.

Surprise de taille

L'annonce a surpris le secteur par sa rapidité alors même qu'une réunion de discussion était prévue hier en début d'après-midi avec un consortium concurrent, également intéressé par la banque néerlandaise. Ce consortium composé de Royal Bank of Scotland (RBS), Santander et Fortis, a apparemment été surpris de l'annonce du groupe britannique. Et plus encore semble-t-il par celle de la vente d'une des filiales d'ABN, la banque de Chicago LaSalle, à la Bank of America. Une opération qui aura lieu avant la fusion de Barclays et ABN Amro, pour 21 milliards de dollars (15,5 milliards d'euros) afin de permettre, par le biais d'un programme de rachats d'actions, de verser aux actionnaires d'ABN près de 12 milliards d'euros. C'est d'ailleurs ce volet qui a sans doute le plus surpris les membres du consortium, puisque RBS ambitionnait visiblement de s'approprier ce morceau de choix de l'ensemble, alors que Fortis guignait les implantations aux Pays-Bas, et l'investment banking d'ABN. L'espagnol Santander visait enfin les avoirs de la banque néerlandaise au Brésil.

Si l'option annoncée hier se précise, ce mariage donnera naissance à un nouveau géant comptant 47 millions de clients, qui se classera au cinquième rang mondial du secteur bancaire. Dans le cadre de cette opération, les actionnaires d'ABN recevront 3,225 actions Barclays pour chaque titre détenu. Cette parité d'échange valorise l'action ABN à quelque 36,25 euros, alors qu'elle avait clôturé à 36,29 vendredi - après une hausse de 40 pc en quelques semaines. À la clôture, hier, le titre ABN reculait de 1,19 pc à 35,80 euros à la Bourse d'Amsterdam. De son côté, Barclays lâchait 2,27 pc à 733 pence à Londres. Barclays a toutefois précisé que l'offre se situait 33 pc au-dessus du cours de clôture d'ABN le 16 mars, veille du jour où les deux établissements ont annoncé être en discussions. Mais Barclays a été contrainte de payer davantage en raison d'une contre-offre préparée par le consortium adverse. Les actionnaires de Barclays détiendront environ 52 pc du nouvel ensemble qui conservera le nom de Barclays Plc. Le siège se situera à Amsterdam et l'entreprise sera cotée à Londres et Amsterdam. Le directeur général et le président de Barclays, John Varley et Bob Diamond, conserveront leurs fonctions tandis qu'Arthur Martinez, d'ABN, sera également président. Le président d'ABN, Rijkman Groenink, qui deviendra directeur non exécutif, a confié à la presse que son conseil d'administration examinerait d'autres offres comme il y est obligé, mais qu'une fusion avec Barclays était "la meilleure option" pour ses actionnaires. Dans le marché, on estime toutefois probable une deuxième tentative d'approche de la part du consortium. En attendant, Barclays a précisé que la future entité permettrait des synergies avant impôt d'environ 3,5 milliards d'euros par an d'ici 2010 et que l'accord augmenterait le bénéfice de 5 pc d'ici la même échéance. Le groupe britannique a ajouté que le rapprochement entraînerait 23600 suppressions d'emplois, dont 10800 délocalisations.

(avec AFP)

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