La banque néerlandaise ABN Amro va-t-elle être rachetée par la Britannique Barclays ? Voilà la question que tout le monde se posait hier sur les marchés après les informations parues dans la presse. Et un début de réponse est tombé en cours de soirée (après la clôture de la Bourse) quand ABN Amro a confirmé qu'elle avait entamé des "discussions préliminaires" avec Barclays. Elle précise qu'il s'agit de "discussions exclusives" en vue d'une "combinaison potentielle" de ses activités avec celles de Barclays et "que rien ne garantit qu'elles aboutiront à une transaction".

Dans l'attente de ces éclaircissements, ce fut l'effervescence en Bourse lundi. L'action ABN s'est envolée de plus de 9 pc à 29,86 euros. Tout le secteur financier a été à la fête, les analystes tablant sur une nouvelle vague des fusions et acquisitions.

Management sous pression

Cela fait maintenant plusieurs semaines qu'ABN Amro est au centre de toutes les rumeurs. Tout a commencé avec la lettre envoyée par le "hedge fund" (fonds spéculatif) TCI (The Children's Investment Fund) qui, en tant qu'actionnaire (avec environ 1 pc du capital) réclame la vente de certains actifs de la banque, voire son démantèlement, afin d'améliorer la valorisation boursière jugée insuffisante. Cette lettre a mis le management, et en particulier le PDG Rijkman Groenink, sous pression. "Le management doit venir avec une réponse car cela fait plusieurs années qu'ABN Amro n'affiche pas une stratégie claire", estime Paul Frentrop, directeur de Deminor Nederland. Selon ce spécialiste, la tentative du groupe de se lancer dans le métier de banque d'affaires s'est avérée infructueuse. Et dans les différents pays où il est présent (Pays-Bas, Etats-Unis, Italie, etc,...), il n'a jamais eu une position très forte dans le "retail" (banque de détail).

ABN Amro susciterait, semble-t-il, de nombreuses convoitises. "Het Financieele Dagblad" citait lundi les noms du Néerlandais ING, de la Bank of Scotland et de l'Espagnol Santander. La presse américaine avançait pour sa part les noms de BNP Paribas et Société Générale.

Si les discussions avec Barclays aboutissent, il s'agirait de la plus importante fusion bancaire transfrontalière jamais opérée en Europe. La nouvelle entité, qui compterait 47 millions de clients et 220 000 employés dans plus de 50 pays, se hisserait au rang de cinquième groupe bancaire au monde en termes de capitalisation boursière. Aux cours actuels, ABN Amro est valorisée 56 milliards d'euros contre 66 milliards pour Barclays.

Ce n'est pas la première fois qu'une fusion entre ABN Amro et Barclays est évoquée. Il y a deux ans, cette possibilité avait déjà été envisagée mais elle aurait été repoussée par Rijkman Groenink, qui aurait refusé que la banque néerlandaise soit "absorbée" par une autre.

© La Libre Belgique 2007