La décision d'ABN-Amro de vendre sa filiale américaine LaSalle pour 21 milliards de dollars à la Bank of America (BOA) dans le cadre de l'offre d'achat par le groupe britannique Barclays continue à faire des remous. Une action collective a été initiée par un actionnaire américain, Halpert Enterprises, qui menace d'aller en justice si la vente n'est pas gelée.

"ABN-Amro reconnaît avoir été informée d'un prétendu dépôt de plainte d'action de groupe à la cour d'Etat de New York" et la "réfute sur plusieurs bases et a l'intention de chercher à l'annuler", a indiqué hier le porte-parole de la banque néerlandaise.

Jugement crucial

Le management d'ABN-Amro doit donc faire face à un nouveau front de résistance. Samedi, l'association des petits actionnaires néerlandais (VEB), soutenu par le fonds spéculatif TCI, a demandé, lors d'une audience en référé, le gel de la vente de LaSalle afin de favoriser la concurrence des offres d'achat sur ABN-Amro et plus particulièrement la contre-offre du consortium formé de Royal Bank of Scotland, Santander et Fortis. Le tribunal de commerce d'Amsterdam doit se prononcer sur le sujet ce jeudi.

Selon les termes du contrat entre ABN et BOA, une offre supérieure sur LaSalle peut être présentée avant lundi 6 mai. Mais il suffira ensuite à BOA d'égaler cette offre dans les cinq jours pour l'emporter. VEB estime que cette clause favorise l'offre de reprise amicale de Barclays au détriment des autres offres et en particulier celle du trio.

Le consortium propose 72 milliards d'euros dont 70 pc en cash alors que Barclays est prête à racheter ABN pour 67 milliards d'euros mais uniquement sous forme d'échange de titres.

Si le tribunal de commerce donne raison à la VEB, les analystes prédisent que le consortium s'empressera de lancer une offre sur l'ensemble du groupe. Le fonds TCI s'est lui directement attaqué au management d'ABN-Amro en demandant mardi le renvoi immédiat du PDG Rijkman Groenink. " Nous appelons le conseil de surveillance à immédiatement mettre fin à la nomination de M. Groenink comme président du conseil exécutif. (...) Nous demandons aussi que le conseil de surveillance prenne le contrôle complet du processus de vente afin de répondre aux désirs clairs des actionnaires", écrit TCI dans une lettre adressée au conseil de surveillance d'ABN-Amro.

Rijkman Groenink aurait demandé des clarifications au consortium RBS sur son éventuelle offre de reprise.

(avec AFP)