Le consortium de banques formé par la Royal Bank of Scotland (RBS), Fortis et Santander devrait annoncer ce mardi qu'il est toujours dans la course au rachat de la néerlandaise ABN Amro, selon la presse britannique du week-end.

La direction d'ABN a déjà recommandé le 23 avril une offre toute en actions de la britannique Barclays, valant environ 63 milliards d'euros actuellement (contre 67 au départ), préférés néanmoins aux 71 milliards d'euros (72 avec le dividende) évoqués par un consortium qui a l'intention déclarée de la démanteler.

Vendredi, les trois banques - qui avaient normalement jusqu'à dimanche pour préciser leurs intentions - ont pris argument du lundi férié aux Pays-Bas, en Belgique et au Royaume-Uni pour s'octroyer deux jours de réflexion supplémentaires.

Aucun journal ce week-end n'imaginait qu'elles abandonneraient la partie mais la presse estimait en revanche qu'elles voulaient profiter de ce délai pour essayer de régler le sort de la filiale américaine LaSalle, au centre d'un imbroglio juridique. La vente de LaSalle à Bank of America pour 21 milliards de dollars fait partie du plan d'alliance avec Barclays, mais des actionnaires favorables au consortium ont protesté et la justice néerlandaise leur a donné raison en ordonnant un vote d'actionnaires sur la vente de LaSalle, décision dont ABN a fait appel. Parallèlement, Bank of America a attaqué ABN en justice aux Etats-Unis pour rupture de contrat, avec des milliards de dollars de dommages et intérêts à la clé.

RBS, la plus intéressée des trois par LaSalle, essaie encore de négocier avec Bank of America l'avenir de LaSalle, a estimé le "Financial Times".

Selon l'"Observer", les trois banques tenteront de démontrer que leur offre est en tout point meilleure que celle de Barclays, et devraient se targuer d'être en mesure de réaliser des synergies supérieures aux 3,5 milliards d'euros promis par celle-ci. Elles devraient aussi donner pour la première fois des détails sur leur financement : RBS devrait payer directement sa part, mais Santander et Fortis vont devoir lever la plus forte somme jamais sollicitée par des banques en Europe pour un tel rachat.