Les marchés boursiers mondiaux ont rebondi mardi après cinq séances consécutives dans le rouge et une baisse sans précédent depuis quatre ans, les investisseurs profitant de la chute des cours pour acheter des actions à des prix attractifs.

Les places asiatiques ont terminé en nette hausse. Tokyo a regagné 1,22 pc, Hong Kong 2,11 pc, Séoul 1,95 pc, Taipei 1,45 pc et Sydney 2,09 pc et Shanghai, qui avait initié le coup de tabac mondial le 27 février en plongeant de près de 9 pc, a regagné 1,97 pc. Seule Manille a reculé de 0,82 pc.

En Europe aussi, après une semaine noire qui a vu les marchés d'actions subir leur plus forte chute depuis mars 2003 et le début de la guerre en Irak, les ordres d'achats ont recommencé à affluer. Londres a pris 1,32 pc, Francfort 0,92 pc, Paris 0,97 pc, Bruxelles 0,75 pc, Zurich 1,14 pc et Amsterdam 0,54 pc.

A Wall Street, qui s'était encore repliée fortement lundi, le Dow Jones regagnait 0,78 pc et le Nasdaq 1,25 pc vers 16H50 GMT, malgré les doutes sur la vigueur de la croissance américaine. "Les obligations sont toujours chères et les actions toujours sous-évaluées. A moyen terme, on devrait assister à un mouvement de réajustement des prix en faveur des actions et au détriment des obligations", a expliqué Pascal Blanqué, directeur des études de la société de gestion Crédit Agricole Asset Management. A Tokyo, "la chasse aux bonnes affaires était prévisible après les récentes pertes, alors que le Nikkei s'approche de la barre psychologique des 16.500 points", a indiqué un courtier japonais.

La même ruée vers les actions s'est également produite à Hong Kong, où "les grosses capitalisations comme HSBC et certaines banques chinoises aiguisent fortement l'appétit des investisseurs car elles ont beaucoup baissé lors des dernières séances", selon Castor Pang, stratège chez Sun Hung Kai. Mais la plupart des experts soulignent la fragilité de ce rebond, dont la poursuite dépendra des prochains signaux sur la santé de l'économie américaine.

"Les marchés reprennent un peu leur souffle, mais toute la question est de savoir combien de temps cela va durer", a déclaré le stratégiste d'une société de Bourse française. "Tout le monde attend déjà les chiffres sur l'emploi américain de vendredi, très surveillés compte-tenu des craintes sur l'état réel de l'économie américaine". La révision en baisse de la croissance américaine en 2006 (à 3,3 pc) et des craintes d'une possible récession en 2007 ont contribué à la chute des marchés la semaine dernière. Mardi, plusieurs indicateurs mitigés sur l'économie américaine n'ont en tout cas pas empêché le rebond des marchés actions.

"La question est: ce rebond va-t-il se poursuivre ? ", a renchéri Lisa Jarvis, analyste chez ABN Amro Morgans à Sydney. "Beaucoup de gens pensent que la correction se poursuivra entre quatre et six semaines, voire huit semaines. Ce n'est peut-être qu'une accalmie temporaire, je ne sais pas si nous sommes tirés d'affaire", a-t-elle ajouté. Sur le marché des changes, euro et dollar se reprenaient également face au yen mardi, grâce à l'accalmie boursière et après des propos rassurants du secrétaire américain au Trésor, en visite en Asie.

"Nous sommes tombés d'accord pour dire que les fondamentaux de l'économie mondiale sont solides", et "nous partageons l'opinion selon laquelle les marchés devraient refléter cet état de fait", a déclaré le ministre japonais des Finances, Koji Omi, à l'issue d'une rencontre à Tokyo avec M. Paulson.