Concrètement la maison-mère allemande de la compagnie belge va recevoir un prêt de 290 millions d'euros, comme elle en avait fait la demande le 17 mars dernier. Ce prêt doit être remboursé avant la mi-2026. De son côté, Lufthansa s'est engagée à mettre 170 millions d'euros sur la table. Une partie de cet argent (70 millions d'euros) sera utilisée pour financer la restructuration de la compagnie aérienne et une autre partie (100 millions d'euros) servira à recapitaliser Brussels Airlines.

La Belgique a aussi obtenu des garanties de maintien de l'activité de Brussels Airlines (ainsi que de sa licence belge et de son nom) en Belgique. Le rôle de l'aéroport de Bruxelles comme un "hub important" pour les vols africains et nord-américains du groupe allemand est ainsi "explicitement" confirmé. Durant la durée du prêt, un mécanisme d'arbitrage a été prévu en cas de non-respect des engagements par Lufthansa. Si les Allemands ne remboursent pas dans les conditions le prêt octroyé, l'Etat belge pourra rentrer dans le capital de Brussels Airlines, ce qu'a toujours refusé jusqu'ici Lufthansa. Le gouvernement belge aura également deux sièges au sein du conseil d'administration de la compagnie.

Enfin, Brussels Airlines doit "réduire son empreinte écologique" en développant une flotte "plus efficace sur le plan énergétique". L'Etat belge s'engage de son côté à rendre l'aéroport de Bruxelles-National plus accessible par rail.

Durement touchée par la crise du Covid-19 et au bord de la faillite, Brussels Airlines vit des mois mouvementés. Son plan social va toucher un emploi sur quatre, (soit près de 1000 emplois sur 4000) , les remboursements de billets de voyageurs tardent et la reprise de ses vols n'est que très partielle. Cette aide publique est donc une véritable bouffée d'air pour la compagnie belge et lui permet d'éviter la faillite.

Le texte de l'accord sera soumis à la Commission européenne "dès que possible". Le gouvernement fédéral, les conseils d'administration du groupe Lufthansa et de Brussels Airlines ainsi que le Fonds de stabilisation de l'économie allemande devront également formellement donner leur feu vert "ce mois-ci".