négociations

Après des semaines de discussions, le gouvernement wallon est finalement parvenu à un accord partiel sur le dossier énergétique. Devant le tollé qu’a provoqué la perspective d’une diminution du prix des certificats verts, les membres de l’Olivier ont longtemps hésité. Ces derniers jours, les citoyens et les professionnels du secteur du renouvelable ont manifesté leur colère vis-à-vis d’une possible rupture du contrat de confiance passé avec la Région wallonne.

Finalement, le montant minimum garanti des certificats verts a été maintenu à 65 euros mais pendant le remboursement de l’installation. Une fois les panneaux remboursés, le gouvernement garantira un rendement "non spéculatif" et supérieur "aux marchés financiers". Difficile pour l’heure de dire ce qui se cache derrière cette formulation. Il semblerait néanmoins que rien ne change par rapport à ce qui était sur la table en début de semaine. Le gouvernement privilégiait deux options : garantir le certificat à 65 euros uniquement pendant la durée d’amortissement des panneaux ou garantir le certificat à 40 euros pendant dix ou quinze ans, en fonction du régime qui prévalait au moment de la signature. C’est donc la première qui est retenue.

Le ministre wallon de l’énergie, Jean-Marc Nollet (Ecolo), doit rencontrer les acteurs du renouvelable la semaine prochaine au sujet du soutien accordé après le remboursement des panneaux. On ne sait pas quelle forme prendra l’aide : cela pourrait être du cash ou des certificats verts.

Précisons que les panneaux placés avant le 30 novembre 2011 devaient générer des certificats verts garantis à 65 euros pendant quinze ans. En fonction de la durée de remboursement de l’installation, la perte pourrait être conséquente. Tout dépendra du rendement qui sera offert par le gouvernement après l’amortissement des panneaux. L’objectif étant de diminuer la note de la bulle photovoltaïque évaluée à 2,5 milliards d’euros sur quinze ans, celui-ci sera logiquement inférieur au mécanisme actuel.

Du coté d’Edora, la fédération des énergies renouvelables, on estime que c’est une bonne chose pour les autres filières vertes de laisser le certificat à 65 euros. Du côté de l’opposition, Willy Borsus (MR) estime que le nouveau système sera administrativement très coûteux. "Il va falloir calculer la durée d’amortissement pour 100 000 installations, explique-t-il. Généralement, on oublie de parler du prix du remplacement de l’onduleur ou de désinstallation des panneaux."

Pas de certificat avec "Qualiwatt"

Pour les citoyens qui placeront à l’avenir des panneaux photovoltaïques, un nouveau système dénommé "Qualiwatt" remplacera les certificats verts du plan "Solwatt". Le mécanisme doit être approuvé par la CWaPE ainsi que par le Conseil d’Etat et n’entrera pas en vigueur avant quelques mois. Entre le 1er avril et l’arrivée de "Qualiwatt", c’est le mécanisme général de soutien aux énergies renouvelables (beaucoup moins généreux) qui sera d’application.

Comme l’on s’y attendait, le nouveau système de soutien a pour objectif d’assurer un retour sur investissement compris entre sept et neuf ans. Au lieu de recevoir des certificats verts, le citoyen recevra directement l’argent nécessaire à son investissement. La CWaPE, le régulateur wallon de l’énergie, était favorable à un tel mécanisme qui écarte les particuliers du marché des certificats verts.