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La Commission européenne a démenti lundi avoir déjà manifesté des objections à l’accord sur le nucléaire conclu entre le groupe d’énergie français GDF Suez et la Belgique, contredisant les rumeurs qui ont circulé dans la presse. GDF Suez a signé la semaine dernière un accord avec le gouvernement belge prévoyant la prolongation de la durée de vie de trois centrales nucléaires en Belgique en échange d’une contribution au budget de l’Etat sur la période 2010-2014.

La Commission "a lu avec étonnement que les milieux européens seraient opposés à cet accord, parce que la Commission n’a pas pris position", a commenté lundi un de ses porte-parole, Jonathan Todd." Peut-être que nous aurons des problèmes, mais nous n’avons pas d’opinion car nous n’avons même pas encore regardé" l’accord en question, a-t-il ajouté.

Il a qualifié de "pure spéculation" des informations du quotidien économique flamand De Tijd, qui affirmait samedi, en citant des "sources européennes", que la Commission ne voyait pas d’un bon œil un accord qui verrouillait jusqu’en 2025 la position, déjà très forte, de GDF Suez sur le marché belge.

Jonathan Todd a précisé que le gouvernement belge n’avait pas communiqué les détails de son accord avec GDF Suez à la Commission, précisant qu’il n’était pas obligé de solliciter son feu vert. "Pour des questions de certitude juridique, ce serait peut-être prudent de nous informer", a toutefois souligné le porte-parole.

Par rapport à ces rumeurs d’éventuels problèmes de concurrence, on fait deux constats au cabinet de Paul Magnette, ministre fédéral de l’Energie. "On prolonge de 10 ans des centrales qui appartiennent au même producteur. On n’a pas changé le marché belge. Il n’y a pas de renforcement de monopole", explique la porte-parole Marie-Isabelle Gomez.

Pour ce qui est, ajoute-t-elle, de la Creg (le régulateur fédéral, "l’accord ne remet pas en cause ses pouvoirs" alors que certains le craignent en raison de la création à venir d’un Comité de suivi. "La Creg est un des régulateurs les plus puissants de l’Union européenne", affirme-t-elle. Quant à Gérard Mestrallet, patron de GDF Suez, il a donné une interview au Figaro. Interrogé sur le montant que son groupe versera à la Belgique en 2009 pour la taxe dite "nucléaire", il assure être "toujours en discussion" et qu’un accord devrait "être trouvé prochainement".