Sans geste des organisations patronales, les syndicats demandent au gouvernement fédéral de prendre l'initiative pour dépasser cette marge. Les organisations syndicales n'ont pas pris part à la réunion de concertation sociale dans le cadre du Groupe des 10 ce mercredi. Ils ne souhaitent plus négocier avec le patronat la norme salariale de 0,4%, calculée par le Conseil central de l'économie.

Lors de la conférence de presse, les syndicats ont pointé du doigt la loi sur les salaires, revue en 2017, qui "enferme les salaires dans un carcan". "Elle est contraire à la liberté de négociation collective", a dénoncé Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC. "La norme de 0,4% est indépassable, quels que soient le secteur et le contexte."

Selon les calculs de la FGTB, cette hausse salariale se limiterait à 7 ou 8 euros bruts par mois pour un salaire médian, une marge insuffisante. "Nous voulons avoir une marge de négociation réelle pour l'accord interprofessionnel", a insisté Thierry Bodson, président du syndicat socialiste, qui critique lui aussi "une loi injuste". "Nous sommes en dessous des carcans imposés au sortir de la dernière crise financière, alors que certains secteurs n'ont pas du tout souffert de l'épidémie de coronavirus. Il est impossible pour nous d'imaginer de nous enfermer dans cette marge de 0,4%."

Les syndicats précisent que le dialogue n'est pas rompu et espèrent "un geste" des organisations patronales, bien que des discussions préalables aux négociations n'aient pas permis de trouver un terrain d'entente.

En cas de blocage, ils demandent au gouvernement fédéral de trouver une méthode pour que la norme salariale ne soit qu'indicative, avec une modification de la loi ou via des circulaires. "Beaucoup de centrales nous disent qu'il est possible de négocier des augmentations salariales mais si on maintient l'impératif de 0,4%, il y aura du grabuge social au sein des entreprises", prévient Thierry Bodson.

Mardi, les organisations patronales avaient jugé "incompréhensible et irresponsable" la décision des syndicats de ne pas prendre part à la réunion de concertation sociale. Ils évoquaient "une gifle" pour les entrepreneurs qui luttent pour la survie de leur entreprise et le maintien des emplois.

Le ministre du Travail, Pierre-Yves Dermagne, avait lui appelé les représentants syndicaux et patronaux à renouer le dialogue.