Ambiance des grands jours lundi dans l'ancienne "Sabena House" devenue le siège de Brussels Airlines. Et pour cause. Après des mois de négociations, la compagnie aérienne allemande Lufthansa et la belge Brussels Airlines s'apprêtent à annoncer officiellement leurs épousailles. Quelques minutes avant la conférence de presse, un tonnerre d'applaudissements retentit dans une salle attenante au hall d'accueil à l'abri des regards. "C'est le projet d'accord qui est présenté au personnel lors d'une assemblée générale", nous glisse une source proche du dossier. Et il semble être bien accueilli.

Dans un premier temps, Lufthansa rachètera 45 pc de SN Airholding pour 65 millions d'euros et ce, via une augmentation de capital. A partir de 2011 et après des négociations réussies pour le maintien des droits de trafic de Brussels Airlines, Lufthansa pourra exercer une option d'achat sur les 55 pc restants de la holding faîtière de Brussels Airlines. Ces éléments ne font que confirmer ce que les deux compagnies avaient annoncé, fin août, dans un communiqué ("La Libre" du 29/08). "Le prix d'acquisition des 55 pc restants dépendra des facteurs liés aux performances de Brussels Airlines, mais le prix pour le rachat total de Brussels Airlines ne dépassera pas un maximum de 250 millions d'euros", a précisé le vicomte Etienne Davignon, président de conseil d'administration de la compagnie aérienne belge. La première phase de l'opération doit encore être approuvée par les conseils d'administration des deux compagnies d'ici la fin du mois et par les autorités européennes de la concurrence. Mais Etienne Davignon et ses partenaires allemands espèrent boucler l'opération d'ici le 1er janvier 2009.

Un garant des intérêts belges

La forme précise de l'alliance entre les deux compagnies doit encore faire l'objet de discussions. Toutefois, le conseil d'administration de SN Airholding ne comptera à l'avenir que dix membres dont trois représentants de Lufthansa. Cette dernière sera également présente dans les différents comités exécutifs du groupe (stratégie, nomination et de rémunération, audit).

Par ailleurs, d'après Etienne Davignon, un "advisory board" sera mis en place. Il fera notamment des recommandations pour promouvoir l'aviation en Belgique et prodiguera ponctuellement des conseils sur les orientations stratégiques clés. Cet exécutif veillera à ce que la collaboration avec Lufthansa tienne compte des intérêts de la Belgique, a indiqué Etienne Davignon, évoquant les mauvais souvenirs laissés par l'accord de la Sabena avec Swissair. "Nous sommes enchantés que Brussels Airlines ait opté pour un partenariat avec nous. Ensemble, nous pouvons offrir davantage de destinations, optimaliser les correspondances, lier nos programmes pour voyageurs fréquents et élargir l'accès aux lounges. Tous ces avantages rendront l'offre globale des deux compagnies encore plus attractive", a commenté Wolfgang Mayrhuber, président et administrateur-délégué de Lufthansa.

Millions d'euros de synergies

Pour le grand patron autrichien de la compagnie allemande, le rachat de Brussels Airlines permettra à Lufthansa d'étoffer l'offre de Lufthansa spécialement avec ses destinations africaines (16 au total).

Les deux compagnies indiquent que leur alliance générera des synergies substantielles en termes de revenus et de coûts. "Dans les trois ans qui suivront l'approbation des autorités de la concurrence, ces synergies pourraient se monter à plusieurs dizaines de millions d'euros annuellement", précisent-elles.

Un accord équilibré

L'emploi ne devrait pas en pâtir. "Est-ce que cet accord aura un effet sur l'emploi ? Non", a assuré Bernard Gustin, un des deux directeurs généraux de Brussels Airlines. "C'est un accord équilibré dans la mesure où il donne des garanties à toutes les parties. Il donne de l'air aux actionnaires belges et le coût n'est pas trop élevé pour les Allemands", renchérit Michel Meyfroidt, l'autre DG.

Après la levée de l'option d'achat, Lufthansa s'est engagée à maintenir le siège et le management de Brussels Airlines à Bruxelles. La compagnie allemande entend faire de Brussels Airport son quatrième hub aux côtés de Francfort, Munich et Zurich.

© La Libre Belgique 2008