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L'équipementier sportif allemand Adidas s'est inquiété jeudi du début de "guerre des monnaies" entre la Chine et les Etats-Unis, ses principaux marchés, en marge de l'annonce de bonnes performances au deuxième trimestre.

Beaucoup plus que d'une avalanche de tarifs douaniers entre les Etats-Unis et la Chine, Adidas s'inquiète désormais du début de "guerre des monnaies" entre les deux super-puissances, menaçant de créer une "situation où tout le monde va perdre", a déclaré Kaspar Rorsted, président du directoire, lors d'une conférence téléphonique.

Une tel affrontement "ralentira progressivement l'économie" des pays concernés, estime-t-il.

Concernant Adidas, un géant mondialisé qui ne réalise que 6% de ses recettes en Allemagne, contre près de 45% sur les marchés chinois et américains réunis, "une dévaluation sévère de la monnaie chinoise (aura) un impact sévère sur notre activité", a ajouté le patron danois.

Si plusieurs grandes monnaies perdaient de leur valeur face à l'euro, Adidas verrait mécaniquement ses ventes et ses marges perdre de la valeur traduites dans la monnaie unique.

Dans le passé, il a souvent eu à souffrir d'effets de change défavorables, comme en 2013 avec la dévaluation du rouble.

Pour le moment, le groupe d'Herzogenaurach affiche une forme olympique, son bénéfice net d'avril à juin ayant augmenté de 34% sur un an, à 531 millions d'euros, dépassant les attentes d'analystes.

Le chiffre d'affaires, à 5,5 milliards d'euros, a augmenté de 4,7%, contre 4% en données corrigées des effets de change.

Objectifs confirmés

La marque phare Adidas a progressé de 4%, grâce au sportswear, tandis qu'elle a reculé dans le football, privé par rapport à l'an dernier de l'effet Mondial en Russie.

Reebok a, elle, vu ses ventes repartir de l'avant (+3%) grâce à ses produits classiques et elle a été rentable sur le trimestre, a précisé M. Rorsted. Le retour durable aux bénéfices de la filiale américaine, longtemps une source de problèmes, demeure un objectif pour l'année 2020.

Les ventes en lignes du groupe ont progressé de 37% et la Chine a, une nouvelle fois, (+14%) tiré les deux marques.

L'Amérique du Nord, avec une hausse de 6%, est parvenue à doubler sa performance par rapport au premier trimestre, quand Adidas n'avait pas pu fournir assez vite ce marché en textiles recherchés par les consommateurs.

En Europe, un marché proche de la saturation, ses ventes sont restées stables, parvenant à arrêter un recul observé depuis l'an dernier jusqu'à mars.

Progression de la marge brute

La marge brute a progressé de 1,2 point, à 53,5%, soit moins vite qu'au trimestre précédent. Elle s'est même tassée précisément aux Etats-Unis, en raison d'une hausse du fret aérien pour approvisionner suffisamment ce marché clé, déficitaire en produits en début d'année en raison de goulets d'étranglements dans sa chaîne de production.

"Notre image (en terme d'environnement) ne va pas en souffrir", a assuré M. Rorsted, qui a pointé les efforts continus de la marque aux trois bandes pour lancer des produits recyclables et lutter contre les déchets en plastique. Le résultat opérationnel a fini en hausse de 9%, à 643 millions d'euros.

Adidas a confirmé ses objectifs de hausse des ventes annuelles entre 5 et 8% à taux de change constants, de marge brute de 52% et d'un résultat net oscillant entre 1,88 et 1,95 milliard d'euros.

En Bourse, l'action reculait à 09H45 GMT de 2,69% à 269,25 euros, dans un marché en hausse de 0,75%.