L'Avenir, l'assureur Intégrale et l'aéroport de Liège font à leur tour l'objet d'une enquête, a affirmé mardi Pierre-Yves Dermagne (PS), le ministre wallon des Pouvoirs locaux, en commission du Parlement de Wallonie.

"Notre enquête s'est focalisée sur Elicio, Win et Voo en raison du risque de préjudice grave et difficilement réparable. Elle se poursuit, notamment en ce qui concerne les autres actifs concurrentiels de Nethys, dont L'Avenir, l'assureur Intégrale et l'aéroport de Liège. Des informations complémentaires ont d'ailleurs à nouveau été demandées ce lundi à Enodia et Nethys", a affirmé mardi Pierre-Yves Dermagne (PS), le ministre wallon des Pouvoirs locaux, en commission du Parlement de Wallonie. Soumis à un feu de questions de la part des députés régionaux, le ministre est revenu sur le processus qui a conduit à sa décision d'annuler les ventes, par Nethys, de Voo, d'Elicio et de Win. "J'ai agi en utilisant l'arsenal juridique à ma disposition en tant que ministre de tutelle. Je n'ai pas tous les leviers", a-t-il d'emblée souligné en rappelant par ailleurs "être tenu à un devoir de réserve en vertu des principes généraux du droit", d'autant que le procureur général a officiellement été saisi lundi matin.

"Le 19 septembre dernier, mon administration a posé une quarantaine de questions à Enodia et à Nethys qui y ont répondu le 26 septembre. Les documents reçus ont été analysés avec le soutien de nos conseils. Le 30 septembre, une nouvelle série de questions ont été envoyées. Des réponses obtenues, il est apparu que les opérations étaient particulièrement engagées en ce qui concerne Elicio, Win et, dans une moindre mesure, Voo. Nous nous sommes donc focalisés sur ces 3 filiales en raison du risque de préjudice grave et difficilement réparable", a détaillé Pierre-Yves Dermagne.

"Le processus d'enquête se poursuit pour les autres actifs concurrentiels de Nethys, ce qui ne m'a pas empêché d'exercer mon pouvoir de tutelle" en annulant les cessions d'Elicio, de Win et de Voo. "Ces opérations n'ont pas été soumises à l'avis conforme du conseil d'administration d'Enodia et ne présentent pas la garantie d'être les meilleures options", en raison entre autres de l'absence de mise en concurrence, a poursuivi le ministre.

Pour autant, l'envoi d'un commissaire spécial, réclamé à grands cris par le cdH, n'est toujours pas à l'ordre du jour. "Dans l'état actuel du droit et de la procédure, je ne suis pas à même d'envoyer un commissaire spécial du gouvernement. Il n'y a pas de refus d'obtempérer: Enodia et Nethys ont répondu aux questions que nous leur avons posées, dans les délais impartis", a souligné le ministre, sans convaincre l'opposition.

"Il faut passer à la vitesse supérieure. Si on n'agit pas tout de suite, si on attend les réponses sur les actifs restants, certains vont en profiter pour préparer leur parachute doré. Nous voulons un nouveau pilote dans l'avion", a ainsi à nouveau plaidé François Desquesnes, le chef de groupe humaniste au parlement wallon.

Quant au PTB, il a dénoncé "l'opacité" dans laquelle s'enferme le gouvernement wallon et a une nouvelle fois réclamé des auditions, dont celle de la présidente du conseil d'administration d'Enodia, Muriel Targnion (PS), et de l'ancienne ministre des Pouvoirs locaux, Valérie De Bue (MR). A l'issue d'un vote, cette demande d'auditions a été rejetée.