Les grands magasins en Belgique, c’est d’abord le Bon Marché. Cette boutique de tissu de la rue Neuve accueille en 1860 François Vaxelaire, un jeune employé de Saint-Dié en France. Il y introduit les ventes massives à prix modérés, le prix affiché et l’accès libre. Vaxelaire reprend peu après le magasin avec son épouse, la meilleure vendeuse. Leurs enfants étendront la gamme des produits (parfums, articles de toilette, ameublement ) pour en faire "un grand magasin". Rue Neuve, place aux "grands" : les Meyer-Bernheim en 1897 ouvrent A l’Innovation; en 1898, Victor Beausillon et Louise Tiriard lancent quant à eux dans la rue commerçante le Grand Bazar, qui a déjà pignon sur rue à Anvers depuis 1885. La voie commerçante de la capitale réunit dès lors les trois enseignes qui fusionneront dans les années septante.

En janvier 1928, Felix Souweine et Jean-Baptiste Van Gijsel ouvrent le premier magasin belge à prix uniques, Sarma, place Sainte-Catherine. Le succès arrive avec la crise de 29, ce qui pousse le Bon Marché et l’Innovation a créer respectivement Prisunic-Uniprix et Priba qui fusionneront rapidement. La chaîne Nopri sera quant à elle créée en 1933.

De 1948 à 1956, une loi-cadenas interdira l’ouverture de nouveaux grands magasins. S’ensuit une nouvelle ère d’expansions avec l’apparition des supermarchés (GB en 1958) et des hypermarchés (Superbazar en 1961). Grand Bazar joue également la carte de la diversification en créant Auto Center en 1966 (futur Auto 5) et Garden Centers en 1968.

Début des années septante, c’est la période des fusions. Innovation et Bon Marché forme la SA Inno-BM en 1972. Deux ans plus tard naît le groupe GB-Inno-BM (GIB). Au fil de cette décennie, GB lancera les produits blancs. Les fusions créant de facto des doublons, le groupe profitera d’une stratégie de spécialisation des enseignes pour conserver l’emploi : création de Santal (parfumerie), Club (papeterie-librairie), Sportland (qui deviendra Disport), Christiaensen (jouets), Pearle Vision Center (lunetterie), Quick (fast food) et Brico.

L’expansion continue dans les années 80 pour GIB. Le groupe reprend notamment Sarma-Nopri Penney et Lunch Garden. Mais des fortunes diverses attendent GIB pour son internationalisation : un échec pour Quick aux Pays-Bas ou Andy et Scotty’s aux Etats-Unis, succès pour Aki en Espagne et au Portugal.

Advient alors, dans les années 90, le contrecoup de son expansion, le groupe se sépare d’un quart de son personnel. Le mécontentement des actionnaires pousse à la vente : Sarma à Hema, Pearle Vision à Pearle Trust, les participations dans Fnac Belgique, etc. En 1994, les supermarchés Biggs sont lancés en collaboration avec le français Promodès, un partenariat renforcé en 1998 et qui prévoyait une montée en puissance du groupe français dans GIB. Mais en 2000, GIB cède les supermarchés GB au groupe français Carrefour, rebaptisés du nom de l’entreprise française.