L'Etat néerlandais doit clarifier sa position au capital d'Air France-KLM et de KLM, alors qu'il est désormais à la fois actionnaire du groupe et de sa filiale, a estimé vendredi le directeur de l'Agence des participations de l'Etat (APE), Martin Vial.

Après l'irruption surprise de l'Etat néerlandais au capital d'Air France-KLM début 2019, les Pays-Bas et la France, actionnaire à hauteur de 14,3% dans le groupe, ont mis en place un groupe de travail sur l'avenir de l'entreprise.

"Nous souhaitons une normalisation de la structure capitalistique. L'Etat néerlandais est aujourd'hui à la fois en haut (actionnaire à 14% d'Air France-KLM) et dans KLM. Nous, nous ne sommes plus au capital d'Air France", a affirmé M. Vial, qui copréside le groupe de travail.

"A partir du moment où le motif qui a été annoncé (par les Néerlandais,) sur la montée dans le capital d'Air France-KLM c'est de dire 'on veut avoir notre mot à dire sur la politique du groupe, et à travers cela, sur la défense des intérêts néerlandais', et bien si on est en haut, ça ne sert plus à rien d'être en bas", a encore détaillé le directeur de l'APE.

Selon lui, cette double présence de l'Etat néerlandais crée "un déséquilibre dans la gouvernance" et empêche une gestion de la filiale KLM, qui fête ses 100 ans lundi, de façon "totalement autonome" par la direction du groupe.

Doutes néerlandais

L'entrée des Pays-Bas au capital d'Air France-KLM a été déclenchée par les doutes des Néerlandais sur la stratégie du groupe et la crainte de voir leurs intérêts négligés, en particulier concernant le maintien de la fonction de hub pour l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol.

Pour Martin Vial, la France a fait de son côté des efforts, en acceptant pour la première fois de nommer un directeur-général non français au groupe, en la personne de Ben Smith.