Airbus : jours difficiles pour les Belges

Entreprises & Start-up

Philippe Lawson

Publié le

Airbus : jours difficiles pour les Belges
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Partenaires de l'avionneur européen, des entreprises belges s'attendent à des lendemains difficiles avec les mesures que s'apprête à annoncer Airbus. Même si elles ne connaissent pas encore les détails du plan de restructuration de ce dernier (lire ci-contre), elles savent déjà qu'elles vont évoluer, à l'avenir, dans un environnement plus concurrentiel. Elles ont participé à une rencontre avec les fournisseurs (suppliers meeting) organisée le 4 janvier par Airbus, journée au cours de laquelle des responsables leur ont exposé les grandes lignes de la future stratégie.

Selon nos informations, Airbus devrait demander à ses partenaires de prendre plus de risques dans les projets auxquels ils seront amenés à participer (études, etc.). Par ailleurs, l'avionneur européen entend faire appel à davantage de sous-traitance et affirme qu'il veut développer l'industrie dans les zones où le marché est en croissance (Inde, Chine, etc.). En corollaire, il prévoit d'instaurer une concurrence au niveau mondial entre ses actuels et futurs partenaires. "Ces mesures de base entraîneront des difficultés supplémentaires pour les entreprises belges, partenaires d'Airbus. Nous devons tout faire pour mettre toutes les chances de notre côté en misant davantage sur l'innovation technologique et en étant plus compétitifs", explique Claude Bolette, administrateur directeur général de Belairbus, le consortium de trois grandes entreprises belges qui participent (Sonaca, Asco, Eurair) aux programmes d'Airbus (A320, A380, etc.).

La pression sur les Belges est d'autant plus grande que la participation au programme de l'A350 n'est pas encore gagnée. "Airbus n'a pas encore arrêté sa décision sur les sous-traitants, mais participer à l'A350 est une question vitale pour les entreprises belges. Ce programme représentera, dans huit ou dix ans, le tiers de notre chiffre d'affaires qui est aujourd'hui d'environ 200 millions d'euros", dit-il.

Relative sérénité à la Sonaca

La Sonaca, principale sociétaire de Belairbus, se veut sereine. "Il faut garder son calme. Airbus a enregistré 750 commandes d'avions en 2006, ce qui nous assure un plan de charge tel que nous pouvons voir venir durant deux ou quatre ans. Nous avons accepté une réduction de prix de nos produits pour assurer notre participation aux programmes d'Airbus (A320, A330, A340, A380). Nous savons que la participation à l'A350 ne sera pas facile, mais nous sommes dans une configuration de relative sérénité", dit Pierre Sonveaux, président de la Sonaca (Gosselies). Spécialiste des bords d'attaque des ailes, elle reçoit 53 pc du chiffre d'affaires de Belairbus.

A l'instar d'autres fournisseurs d'Airbus, elle avait accepté de réduire le prix de ses pièces, de l'ordre de 15 pc en moyenne en 2006 et ne voit pas comment elle pourrait accepter une autre réduction. Mais elle est prête à travailler avec l'avionneur pour revoir le design de certaines pièces pour réduire les coûts pour lui. Quant à la question de savoir si la Sonaca participera à la vente de filiales qu'Airbus veut externaliser, Pierre Sonveaux répond : "Ce n'est pas notre priorité, mais si des opportunités susceptibles de permettre notre développement se présentent, nous les saisirons."

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