L'avionneur européen Airbus a reçu jeudi le vert de ses actionnaires pour lancer son programme A350, renonçant provisoirement à toucher des subventions afin de laisser une chance aux négociations avec les Etats-Unis qui contestent ces aides, a annoncé sa maison-mère EADS.

Le conseil d'administration d'EADS (80% du capital d'Airbus) et le britannique BAE Systems (20%) ont donné leur aval pour le lancement industriel de ce biréacteur long-courrier.

Cet appareil, décliné en deux modèles de 253 à 300 places, est destiné à concurrencer le futur 787 Dreamliner de l'américain Boeing.

Il fait l'objet à ce jour de 140 engagements d'achat, de la part de 9 compagnies clientes, contre 263 commandes et intentions d'achat pour le 787.

Airbus avait sollicité des avances remboursables auprès de l'Allemagne, de l'Espagne, de la France et du Royaume-Uni pour le programme A350, estimé à 4,35 milliards d'euros, mais les Etats-Unis

contestent la légalité de ces aides et ont porté l'affaire devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

L'avionneur renoncera temporairement à ce soutien financier, pour tenter de calmer le jeu avec Washington, a indiqué EADS.

«Ce geste confirme la volonté d'Airbus, EADS et BAE Systems de régler le contentieux commercial au travers de la négociation », a souligné EADS.

A Londres, le ministère britannique des Transports a annoncé de son côté que les gouvernements des quatre pays concernés par l'Airbus A350 «se sont mis d'accord pour ne pas accorder de subventions à Airbus tant qu'il y a une perspective crédible de négociation » avec les Etats-Unis.

Le 6 octobre 2004, le gouvernement américain avait dénoncé l'accord bilatéral de 1992 qui réglementait l'octroi des aides au secteur aéronautique de part et d'autre de l'Atlantique, et porté plainte devant l'OMC contre l'Union européenne.

Bruxelles avait immédiatement réagi en dénonçant à son tour devant l'OMC les aides à Boeing.