L’avionneur européen Airbus a conservé en 2005 le titre de numéro un mondial, en termes de livraisons et de commandes, devant son rival Boeing, après une année record dans l’aviation commerciale, mais va devoir améliorer ses performances dans les longs-courriers, un créneau dominé par l’américain.

«2005 a été la meilleure année de l’histoire d’Airbus. Et nous sommes restés les meilleurs, en termes de livraisons et de prises de commandes», a estimé mardi son PDG Gustav Humbert lors d’une rencontre avec la presse.

Côté perspectives, «2006 sera une année au moins aussi bonne que 2005», a-t-il promis.

Airbus a livré 378 appareils commerciaux en 2005, contre 320 en 2004, dépassant Boeing pour la troisième année consécutive qui a livré 290 avions de ligne.

Pour 2006, Airbus prévoit «plus de 400 livraisons» d’avions civils, a réaffirmé M. Humbert, contre un objectif d’«environ 395 avions» pour Boeing.

Sur le terrain des commandes, Airbus a gagné la course au finish en engrangeant près de 400 contrats fermes en décembre, finissant ainsi avec 1.055 commandes en 2005, contre 366 l’année précédente, soit 51% de part du marché mondial.

«Nous avons eu un mois de décembre très chargé», a justifié M. Humbert.

Boeing, qui a opéré une remontée spectaculaire l’an dernier en engrangeant 1.002 commandes fermes, reste devancé par le constructeur européen pour la cinquième année de suite.

Les deux géants aéronautiques, qui totalisent plus de 2.000 commandes en 2005, ont bénéficié d’une pluie de contrats en provenance d’Asie et du Moyen-Orient et de la montée en puissance des compagnies low-cost. Le PDG d’Airbus a toutefois reconnu que son adversaire avait gagné la bataille sur le front des avions longs-courriers, au prix plus élevé, ce qui permet à Boeing de remporter 55% de parts de marché en valeur. «Si nous devions nous améliorer dans un domaine, c’est dans les long-courriers», a reconnu M. Humbert.

En 2005, Airbus a enregistré 166 commandes fermes pour ses familles A330, A340, et A350, et 20 commandes pour son avion géant A380. Boeing, lui, a engrangé 389 commandes pour ses longs-courriers 777 et 787, ainsi que 43 commandes pour son gros porteur 747.

Mais l’avionneur européen espère rapidement rétablir l’équilibre, notamment grâce à la montée en puissance de son nouvel A350, lancé en octobre. «Nous avons besoin des deux prochaines années pour arriver à un niveau de commandes de 50%-50% dans les longs-courriers», a indiqué M. Humbert en évoquant de possibles modifications sur le quadrimoteur A340, en perte de vitesse face au 777 de Boeing.

Airbus doit également relever le défi de la hausse des cadences de production pour répondre à la demande, en particulier dans les moyens-courriers de famille A320, l’avion le plus vendu avec 918 commandes en 2005. L’avionneur prévoit de porter leur production à un rythme mensuel de 32 en 2007, contre 28,5 actuellement, a rappelé M. Humbert.

Airbus s’est également engagé à livrer au quatrième trimestre les premiers A380 à Singapore Airlines, avec six mois de retard sur le calendrier initial, pour une mise en service fin 2006. «Nous voulons leur livrer deux A380 à la fin de l’année. Il n’y a pas de retard supplémentaire dans le programme», a assuré M. Humbert.

Le chiffre d’affaires d’Airbus a progressé en 2005 pour s’établir «aux alentours de 22,3 milliards d’euros», contre 20,22 milliards en 2004.

L’avionneur a également augmenté sa marge opérationnelle l’an dernier, à «plus de 10%» contre 9,5% en 2004, a précisé M. Humbert, saluant une année de «croissance profitable» malgré «une guerre des prix féroce» avec Boeing.