Français et Allemands ont finalement réussi à se mettre d'accord lundi, en toute discrétion, sur le plan de restructuration d'Airbus. Dans un communiqué, EADS, la maison-mère d'Airbus et dont les actionnaires français et allemands détiennent chacun 22,5 pc, a confirmé mardi que le conseil d'administration a avalisé, "à l'unanimité" le plan "Power 8". Selon des sources, son application devrait entraîner la suppression de 3 500 emplois en Allemagne et 4 200 en France.

Les détails du plan seront présentés ce mercredi aux représentants des travailleurs lors de la réunion du Comité d'entreprise européen d'Airbus. En attendant, l'avionneur aurait décidé de se séparer de deux usines françaises (Saint-Nazaire, Meaulte) et de deux autres en Allemagne (Nordenham, Varel). L'objectif est de faire appel à davantage de sous-traitance et d'instaurer une concurrence mondiale entre les fournisseurs.

La répartition de la production entre la France et l'Allemagne doit rester inchangée pour l'avion géant A380. Toutefois, l'assemblage final de l'A350 à Toulouse serait acquis, tandis que la prochaine génération de monocouloirs A320 reviendrait au site allemand de Hambourg, selon des sources concordantes. "Power8 permettra à Airbus de faire face au défi de la faiblesse du dollar, de supporter les coûts financiers relatifs aux retards de l'A380 et les futurs besoins de financement", dit EADS. Le groupe aéronautique et de défense a rappelé que le plan devait "générer 2,1 milliards d'euros de contribution annuelle d'EBIT (résultat d'exploitation) à partir de 2010 et 5 milliards d'euros de trésorerie cumulée de 2007 à 2010".

Le déblocage de la situation est une bonne nouvelle pour Airbus. Car il a plusieurs projets à gérer de front (les délais de livraison du géant A380, le lancement industriel du long-courrier A350, la hausse des cadences de production de ses moyen-courriers A320) dans un contexte où la concurrence fait rage avec Boeing.

(avec AFP)