Le président d'Airbus, Louis Gallois, a confirmé mercredi la suppression de 10 000 emplois dans le cadre du plan de restructuration "Power8".

Le plan prévoit la suppression sur quatre ans de 4 300 emplois en France, dont 3 200 à Airbus France et 1 100 au siège toulousain de l'avionneur, 3 700 en Allemagne, 1 600 en Grande-Bretagne et 400 en Espagne, a-t-il détaillé lors d'une conférence de presse, après avoir présenté "Power8" aux syndicats. "Nous procéderons par des mesures volontaires, des départs anticipés à la retraite, nous apprécierons la situation et nous ferons un bilan dans les dix mois qui viennent", a précisé M. Gallois, ajoutant que la réduction des frais de fonctionnement devrait générer 900 millions d'euros.

La moitié de l'ensemble des suppressions d'emplois (5 000) concernera les intérimaires et les sous-traitants, et aucun licenciement sec n'est envisagé "à ce stade", a fait valoir M. Gallois. Ces réductions d'effectifs coûteront quelque 700 millions d'euros au groupe et cette charge sera "provisionnée au premier trimestre 2007", a-t-il ajouté.

Airbus va céder trois sites de production (Laupheim et Varel en Allemagne, Saint-Nazaire-Ville en France) et établir des partenariats industriels pour trois autres (Filton en Grande-Bretagne, Méaulte en France et Nordenham en Allemagne).

Airbus envisage pour les trois premiers sites une "cession à des fournisseurs clés", un "rachat par les salariés" ou un "regroupement avec des sites voisins".

"A Saint-Nazaire, il serait rationnel de se réorganiser sur un seul site", alors que les deux usines Airbus y sont séparées de deux kilomètres, a souligné le PDG d'Airbus. Pour les trois autres, "Airbus envisage des partenariats industriels de manière à faciliter leur mutation technologique du métallique vers un mode de conception et de fabrication en matériaux composites".

Une chaîne par appareil

Concernant la répartition des tâches entre France et Allemagne, le futur long-courrier A350 d'Airbus sera assemblé à Toulouse et une troisième chaîne d'assemblage de l'A320 sera créée à Hambourg.

L'assemblage de la famille de moyen-courriers A320 "sera limité à 14 unités par mois à Toulouse et le reste à Hambourg", a expliqué M. Gallois, qui souhaite à l'avenir "une chaîne d'assemblage par appareil".

Le président d'Airbus a également annoncé la réduction du nombre de "centres d'excellence" de huit à quatre. Le fuselage et la cabine seront centralisés en Allemagne, la partie arrière en Espagne, les voilures et le système de propulsion au Royaume-Uni et les structures et équipements intérieurs seront implantés en France. Ces quatre centres auront des unités dans différents pays. (AFP)

© La Libre Belgique 2007