Alain Destexhe (MR) réagit aux propos de Benoit Cerexhe (CDH). Le député bruxellois craint que les investissements islamiques servent à des fins de propagande politique et religieuse.

"On peut s'interroger sur plusieurs points concernant l'opportunité d'autant miser sur des investissements liés à la finance islamique dans notre capitale."

"D'abord, quant aux objectifs de nos partenaires des pays du Golfe, notamment le Qatar. Il me semble ainsi qu'il ne serait pas inutile de vérifier que ces investissements s'accompagneront de garanties relatives à leur utilisation. Il est, me semble-t-il, dangereux de ne pas s'assurer au préalable que ceux-ci ne serviront pas à des fins d'évangélisation ou de propagande politique ou religieuse (par exemple via le financement d'activités "culturelles", "cultuelles" ou "éducatives"), un phénomène que l'on a par exemple observé dans les banlieues françaises à l'occasion d'investissements du Qatar. Ce pays promeut un courant religieux extrêmement conservateur sous couvert de soutien à des activités économiques et sociales."

"Je pense qu'il serait intéressant de promouvoir une législation ad hoc au niveau européen ou fédéral à cet égard."

"Je m'interroge également quant aux risques que le développement de tels investissements ne s'accompagnent d'un renforcement du communautarisme et du repli sur soi, avec l'émergence d'une société parallèle et le renforcement de la césure, déjà profonde, qui divise notre capitale et qui n'a cessé de se renforcer depuis l'arrivée sur le territoire de la Région d'institutions islamiques paneuropéennes parfois extrêmement militantes."

"Enfin, j'ose espérer que le Ministre prendra toutes les précautions adéquates pour s'assurer que la législation antidiscriminatoire sera d'application au sein de ces établissements bancaires. Il serait inacceptable que ces derniers puissent imposer une réglementation conforme à la charia au sein de leurs établissements, par exemple en imposant le respect d'un code vestimentaire (port du hidjab) à leurs salariées."