Le géant canadien Alcan a rejeté mardi l'offre d'achat de son rival américain Alcoa visant à créer un numéro un mondial de l'aluminium et évalue ses options à un moment où le secteur métallurgique et minier est en pleine ébullition. Le conseil d'administration d'Alcan a recommandé à l'unanimité le rejet de l'offre d'Alcoa, évaluée à 33 milliards de dollars en comprenant la reprise de dette, dont le but était de détrôner le nouveau numéro un mondial du secteur, le russo-suisse Rusal, né récemment de la fusion de Rusal, Sual et de Glencore.

Alcoa valorise l'action d'Alcan à quelque 75 dollars américains, alors que celle-ci s'échangeait à 81 dollars US mardi à New York et Toronto. L'offre d'Alcoa, lancée en grande pompe le 7 mai dernier, " ne reflète pas adéquatement la valeur des actifs, des compétences stratégiques et des perspectives de croissance extrêmement intéressantes d'Alcan ", a fait valoir le président du conseil d'administration du groupe canadien, Yves Fortier. " Les approches et les réalisations d'Alcan et d'Alcoa en matière de création de valeur pour les actionnaires sont fondamentalement différentes ", a-t-il tranché, insistant sur les différences de vues entre les deux groupes.

Le géant canadien de l'aluminium évalue pour l'instant " toutes les options possibles dans une optique de création de valeur pour les actionnaires ", a-t-il fait savoir mardi. " Nous ne voyons pas la nécessité de fusionner avec qui que ce soit ", a déclaré le PDG d'Alcan, Dick Evans, en soulignant les bonnes performances de son groupe qui a enregistré un bénéfice de 1,8 milliard de dollars en 2006, propulsé par le cours du métal argenté sur les marchés. Mais les prix élevés des métaux pourraient aussi sonner l'arrêt de mort du joyau canadien. Les prix record et la volonté de peser sur les marchés font tourner la tête de titans miniers et métallurgiques, lancés dans une course à la taille sans précédent qui entraîne tout le secteur dans un tourbillon de fusions géantes.

Dans une note déposée aux autorités boursières, Alcan affirme être " en discussion avec d'autres parties ", sans donner plus de détails sur l'éventail des possibilités qui s'offrent à lui. Plusieurs groupes miniers pourraient surenchérir.