La recherche et l'innovation sont les meilleures armes pour permettre aux entreprises technologiques belges de résister aux pays à bas salaires. Alcatel Bell l'a bien compris: la filiale belge du géant français a annoncé mercredi qu'elle serait dorénavant un des principaux centres de compétences du groupe pour tout ce qui concerne le «triple play» (lire ci-dessous).

Une excellente nouvelle pour la filiale belge, qui a particulièrement souffert de la crise dans le secteur des télécoms ces dernières années. Obligée de réduire fortement ses activités de production en Belgique, elle est passée d'environ 6500 employés en 2001 à 2867 employés fin 2004 (en comptant les 73 personnes travaillant chez Alcatel Bell Space près d'Anvers et les 548 travaillant pour Alcatel ETCA à Charleroi).

Changement de cap

Pour compenser la chute de ses activités traditionnelles (en particulier dans la téléphonie fixe) et la forte pression sur les marges de son activité ADSL, Alcatel Bell a complètement changé de métier. La société ne se considère plus comme un équipementier télécoms mais comme un fournisseur de «solutions», qu'il s'agisse de systèmes de facturation pour opérateurs télécoms, de convergence entre technologies, ou de gestion de réseaux par exemple. Elle s'occupe ainsi intégralement de la maintenance du réseau de l'opérateur mobile Base.

Ce virage à 180 degrés lui a permis de renouer avec les bénéfices en 2003 et en 2004. Grâce à une croissance de 120 pc de ses ventes d'applications l'année dernière, le chiffre d'affaires de la société est lui aussi reparti à la hausse pour la première fois depuis des années. «C'est pour cette raison que nous continuons à investir 24 pc de notre chiffre d'affaires en recherche et en développement, soit deux fois plus que ce qui se fait au niveau du groupe», explique Paul Depuydt, qui a repris les rênes d'Alcatel Bell il y a un an.

70 engagements

Preuve supplémentaire de l'évolution de la société: 90 pc de ses employés ont désormais un diplôme universitaire ou équivalent, alors que chaque employé a suivi en moyenne 31 heures de formation en 2004.

La bonne nouvelle, c'est qu'Alcatel Bell s'est remis à engager des gens. Elle est plus précisément à la recherche de 70 personnes supplémentaires, après en avoir déjà engagé une quarantaine au cours de l'année passée. «Et j'ai besoin de ces nouvelles personnes de façon urgente», précise Paul Depuydt.

© La Libre Belgique 2005