L'ancien chargé de mission auprès de l'Elysée dont le patronyme a monopolisé l'attention depuis le mois de juillet 2018, date à laquelle l'affaire Benalla a éclaté, est depuis devenu chef d'entreprise. Et pas dans n'importe quel domaine puisque l'homme tente de s'implanter sur le marché du conseil et de la sécurité en Afrique.

Entre 300 et 500 millions d'euros. C'est le chiffre d'affaires qu'espère réaliser Alexandre Benalla, via son entreprise, Comya, d'ici à 10 ans, explique l'intéressé dans une interview pour Le Nouvel Economiste. L'ancien chargé de mission, qui a fait trembler les plus hautes sphères de la République française, est depuis le mois de novembre 2018 à la tête d'une entreprise spécialisée dans le conseil et la sécurité.

Misant sur le marché africain, l'entreprise de l'ex-adjoint au chef de cabinet d'Emmanuel Macron est enregistrée a Maroc. "Parce que j'y ai mes origines", précise-t-il dans l'entretien. 

Le jeune entrepreneur est toujours sous le coup de deux informations judiciaires, la première pour les violences commises le 1er mai 2018, de la Contrescarpe au Jardin des Plantes à Paris, et la seconde pour l’usage illicite de passeports diplomatiques. Sans parler des quatre enquêtes préliminaires diligentées par le parquet de Paris toujours en cours. 

Pourtant, Alexandre Benalla voit les choses en grand et affiche son désir de faire de Comya "un géant européen" de la sécurité et de l'intelligence économique en Afrique.

"J’ai fini l’année 2018 au bout de deux mois d’existence avec 450 000 euros de chiffre d’affaires, et je vise un CA de 3 millions d’euros pour 2019", souligne-t-il, avant d'ajouter : "Mon savoir-faire vient du terrain. Je n’ai pas la prétention de connaître exhaustivement chaque paramètre de l’intelligence économique et stratégique et de la sécurité. J’ai cependant la prétention de bien la comprendre et de disposer d’un réseau, constitué depuis 2009. Cela se passe essentiellement par cooptation car le besoin de confiance est très grand dans ce métier, les dossiers étant souvent sensibles, délicats et compliqués."

Avec un nom désormais bien connu du grand public et qui a depuis longtemps dépassé les frontières hexagonales, Alexandre Benalla aurait pu craindre de voir sa réputation lui faire défaut. Il n'en est visiblement rien. 

"Ce qui aurait pu être rédhibitoire pour mon projet d’entreprise est que l’on mette en cause mes compétences professionnelles, or personne n’a dit que Benalla ne savait pas travailler. C’est même le contraire. Dans un sens opposé, j’observe que la marque Benalla permet à certains de gagner de l’argent, elle a fait vendre beaucoup de papier, une bande dessinée est même en préparation", s'enorgueillit-il. 

Reste à voir si ses démêlés avec la justice, dans le cas d'une quelconque culpabilité reconnue, ne changeront pas la donne.