La situation financière d'Alitalia ne lui permet de poursuivre son activité qu'à très court terme, a annoncé le conseil d'administration de la compagnie mardi dans un communiqué. Alitalia disposait fin mars de ressources financières d'environ 170 millions d'euros, a précisé la compagnie aérienne. Le CA "a accueilli favorablement le communiqué d'Air France d'hier et la convocation des syndicats le 10 avril par le gouvernement".

La compagnie franco-néerlandaise n'a pas fermé la porte lundi à une reprise des contacts avec les syndicats d'Alitalia, indiquant qu'il leur revenait "de dire comment ils voient l'avenir de leur entreprise". Air France-KLM est cependant resté ferme sur son projet de reprise, jugeant qu'il était le seul en mesure de relancer la compagnie italienne alors que les négociations avaient été rompues le 2 avril entre les deux parties après la présentation d'une contre-proposition syndicale très différente.

"La vérité est que Spinetta n'a pas débranché le contact. Il ne pouvait en être autrement étant donné qu'il travaille depuis deux ans sur cette affaire. Mais nous ne sommes qu'au début de la négociation", a estimé Raffaele Bonanni, leader de la CISL. Le premier syndicat de la compagnie (hors pilotes), la Filt-Cgil, a jugé de son côté qu'Air France-KLM "n'excluait pas une reprise de la discussion entre les parties".

Le gouvernement sortant de Romano Prodi, qui gère la participation de 49,9 pc de l'Etat italien dans Alitalia, recevra les syndicats pour faire le point sur la situation de la compagnie à quelques jours des élections législatives des 13 et 14 avril. L'équipe de M. Prodi a multiplié les efforts pour favoriser une reprise du dialogue entre les syndicats et la compagnie franco-néerlandaise, voulant éviter l'effondrement d'Alitalia à l'approche des élections. Plusieurs syndicats estiment que les négociations avec Air France-KLM ne reprendront qu'après les élections, mais le calendrier est fortement conditionné par les finances de la compagnie. Alitalia disposait d'une trésorerie de 180 millions d'euros fin février.

Parallèlement, les incertitudes auraient fait chuter les réservations pour l'été, selon l'agence Ansa. Le ministre de l'Economie Tommaso Padoa-Schioppa a mis en garde à plusieurs reprises contre un échec du rachat par Air France-KLM, estimant qu'un tel scénario mènerait au placement sous tutelle d'Alitalia.