La compagnie aérienne Alitalia pourrait cesser ses vols d'ici une semaine, si les syndicats n'acceptent pas le plan de reprise présenté par un groupe d'investisseurs italiens, a prévenu dimanche le ministre des Transports, Altero Matteoli. Il a expliqué sur la chaîne Sky TG24 TV que le seul espoir de survie pour la compagnie était d'accepter le plan. "Alitalia n'a plus que quelques jours, certainement moins d'une semaine", a-t-il dit.

Le groupe Compagnie aérienne italienne (CAI) a retiré jeudi son offre de reprise après le rejet du plan par six des neuf syndicats de la compagnie. Le plan prévoyait 3.250 licenciements sur un effectif actuel de 20.000 personnes, des réductions de salaires, un allongement des horaires et une réduction du nombre de dessertes assurées.

L'autorité de l'aviation civile italienne (ENAC) a convoqué l'administrateur d'Alitalia lundi, une réunion qui pourrait aboutir au retrait de la licence de la compagnie aérienne. Le président du syndicat de pilotes ANPAC, Fabio Berti, a plaidé pour que les investisseurs présentent une offre plus intéressante. Ils proposent "le même contrat que celui des pilotes d'Air France, de Lufthansa, de British Airways, mais avec un salaire 30% moins élevé", a-t-il dénoncé sur Sky TG24 TV.

Les pilotes ont accepté le principe d'un salaire moins élevé, mais ont refusé de faire d'autres concessions, comme des périodes de vacation moins élevées que celles du personnel de bord. La Fédération italienne des Transports CGIL, qui a refusé le plan, a fait savoir dimanche que son syndicat retournerait à la table des négociations si l'administrateur d'Alitalia désigné par le gouvernement était impliqué dans les discussions. "Cela pourrait ouvrir une porte de sortie intéressante dans cette impasse", a estimé un dirigeant de la CGIL, Guglielmo Epifani, sur la télévision publique.