Le premier assureur européen, l'allemand Allianz, a enterré, jeudi, ses espoirs de progression des bénéfices, un exemple de plus des ratés du secteur financier allemand rattrapé par la crise internationale. Allianz s'était fixé, en 2006, l'objectif d'une croissance moyenne de son bénéfice d'exploitation de 10 pc d'ici 2009. Au vu de "vents contraires sur le marché", celui-ci ne pourra pas être tenu. Le groupe de Munich a vu son bénéfice net chuter de 28 pc au 2e trimestre, à 1,5 milliard d'euros, et son bénéfice d'exploitation reculer de 36 pc à 3,3 milliards d'euros.

Principale responsable de cette contre-performance : la filiale bancaire Dresdner Bank. Celle-ci a subi une perte d'exploitation de 566 millions d'euros entre avril et juin. Allianz ne se fait pas d'illusions sur l'évolution des marchés. Si le cours des actions devait baisser d'encore 10 pc, le bancassureur munichois devrait passer de nouveau des dépréciations d'actifs sur son portefeuille de l'ordre de 800 millions d'euros, a averti son directeur financier Helmut Perlet. Le grand assureur, propriétaire entre autres du français AGF, n'est pas le seul à souffrir des remous de la Bourse. Jeudi, le réassureur Hannover Re a publié un bénéfice net en baisse de 14 pc à 252 millions d'euros, conséquence de plusieurs catastrophes naturelles, mais aussi de la crise boursière. La 2e banque allemande Commerzbank a vu son bénéfice opérationnel fondre de plus de moitié au 2e trimestre, avait-elle annoncé mercredi. La semaine dernière, le numéro 2 mondial de la réassurance, Munich Re, avait averti que son résultat net 2008 n'atteindrait pas l'ordre de grandeur promis de 3 à 3,4 milliards d'euros. La 1ère banque allemande Deutsche Bank a, elle aussi, pâti de la crise, en subissant une baisse de 63 pc de son bénéfice net au deuxième trimestre.