Le constructeur ferroviaire français Alstom va finaliser vendredi le rachat de son concurrent Bombardier Transport. Il deviendra ainsi le numéro deux mondial du secteur derrière le géant chinois CRRC, avec une position dominante en France. L'opération, qui devrait coûter un maximum de 5,3 milliards d'euros au groupe français, donnera naissance à un groupe pesant 15,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires, avec un carnet de commandes atteignant les 71,1 milliards.

Alstom emploiera quelque 75 000 personnes dans 70 pays, le siège mondial ne bougeant pas de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), près de Paris.

La menace du chinois CRRC avait officiellement motivé le projet de fusion entre Siemens Mobility et Alstom, bloqué par la Commission européenne en février 2019. Un an après l'échec de ces fiançailles franco-allemandes, les difficultés du conglomérat canadien Bombardier ont permis à Alstom de rebondir en faisant une offre sur sa partie ferroviaire (basée à Berlin) pour sortir du lot.

En France, Alstom récupère la plus grosse usine ferroviaire du pays à Crespin (Nord). Le groupe va employer environ 11 500 personnes dans l'Hexagone, avec des ventes de 3,2 milliards d'euros, dont 30% destinés à l'export.

Alstom et Bombardier étant jusqu'à présent en situation de quasi-duopole, leur association sera archi-dominante sur le marché français, où seuls Siemens et l'Espagnol CAF ont jusqu'à présent placé leurs produits.

Un nouvel acteur doit cependant arriver sur le marché français, le groupe tchèque Skoda Transportation étant en négociation pour racheter l'usine alsacienne de Reichshoffen (Bas-Rhin), qu'Alstom a promis de céder pour obtenir le feu vert de Bruxelles.