Maintenant que la SNCB semble disposer à proposer un train pendulaire sur la ligne Bruxelles-Luxembourg, la voie se dégage pour le projet. Et le constructeur du "nouveau Pendolino" de la 4e génération est prêt à aider l'opérateur ferroviaire. "Nous sommes disposés à réaliser les études techniques liées à la circulation du pendulaire sur la ligne Bruxelles-Luxembourg notamment au niveau de l'impact sur les voies (écartement entre les rails dans les courbes, etc.). Le recours à l'aluminium dans la construction du train le rend léger et réduit le poids sur les rails et il n'y a pas lieu de réaliser un gros investissement sur les infrastructures existantes", nous a confié Marcel Miller, président administrateur délégué d'Alstom Belgium. Il s'agit d'un habile geste de marketing de la part de l'opérateur pour promouvoir son produit. Mais la SNCB admet que le nouveau Pendolino affiche des atouts indéniables : technologie de pointe à bord pour déterminer l'angle des courbes, système d'absorption de chocs, vitesse de 250-275 km/h, etc. L'idée d'un pendulaire sur Bruxelles-Luxembourg avait déjà été proposée à la SNCB notamment par son ancien président Didier Reynders et son conseiller Jean-Claude Fontinoy en 1991. Ce dernier est revenu à la charge en 2005 lorsqu'il a été nommé président du conseil d'administration du holding SNCB. Il avait envoyé une lettre à cet effet notamment au ministre de tutelle de l'époque, Johan Vande Lanotte (SP.A) et aux dirigeants des deux filiales du groupe ferroviaires : Infrabel et l'opérateur SNCB.

La Région wallonne favorable

D'après le gestionnaire d'infrastructure, l'armement moderne réalisé dans le cadre de la modernisation de la ligne 161-162 est compatible avec l'utilisation d'un train pendulaire. "Je me réjouis de l'évolution des idées à la SNCB. Le recours au Pendolino permettrait d'éviter des travaux d'investissements importants sur un axe difficile à rectifier en augmentant la vitesse", nous a commenté Jean-Claude Fontinoy.

La Région wallonne est aussi favorable au projet. "Il n'y a plus d'opposition à la SNCB et c'est une bonne chose. Il convient maintenant de faire les études nécessaires pour appréhender tous les aspects du projet, mais nous y sommes favorables tant que ce n'est pas un gouffre à milliards", dit-on mardi au cabinet du ministre wallon des Transports, André Antoine. "Il serait insensé d'envisager d'autres arrêts que Namur et Arlon, car cela remettrait en cause l'objectif poursuivi de Strasbourg à 3h de Bruxelles. Mais on pourrait imaginer la déserte entre Namur - Arlon avec du matériel du même type non pendulaire avec la traction répartie qui donne d'excellents résultats", suggère Jacques Cornet, directeur général adjoint honoraire de la SNCB, partisan de la première heure du "Pendolino" sur la 161.