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La filiale française du géant américain du commerce en ligne Amazon a confirmé jeudi à l'AFP son intention de répercuter la taxe dite Gafa sur les tarifs des services qui sont proposés aux entreprises françaises utilisant sa plate-forme de vente en ligne.

"Cette taxe visant directement les services de la marketplace (ou place de marché, plate-forme de mise en relation entre des commerçants tiers et les consommateurs NDLR) que nous mettons à disposition des entreprises avec lesquelles nous travaillons, nous n'avons pas d'autre choix que de la leur répercuter", a confirmé Amazon, interrogé par l'AFP.

Le groupe a d'ores et déjà commencé à en informer les vendeurs utilisant la marketplace, qui s'en plaignent sur les réseaux sociaux. Le groupe leur a annoncé une hausse de ses commissions de quelques dixièmes de pourcentage, en fonction des services utilisés par les vendeurs.

"Etant donné que nous opérons dans le secteur très concurrentiel et à faible marge du commerce de détail et que nous investissons massivement dans la création d'outils et de services destinés à nos clients et à nos vendeurs partenaires, nous ne sommes pas en mesure d'absorber une taxe supplémentaire assise sur le chiffre d'affaires", a justifié le géant du numérique pour expliquer sa décision.

"Cela pourrait mettre les petites entreprises françaises en position de désavantage concurrentiel par rapport à leurs homologues d'autres pays et nous en avons, comme de nombreux autres acteurs, averti les autorités", a ajouté le groupe.

Interrogés par l'AFP sur leurs intentions, Facebook et Google n'ont pas répondu dans l'immédiat.

Définitivement adoptée le 11 juillet en France, la taxe dite Gafa (acronyme désignant les géants Google, Amazon, Facebook et Apple) crée une imposition des grandes entreprises du secteur technologiques non pas sur le bénéfice, souvent consolidé dans des pays à très faible fiscalité comme l'Irlande, mais sur le chiffre d'affaires, en attendant une harmonisation des règles au niveau de l'OCDE.

Elle a provoqué de vives réactions côté américain. Un conseiller du président Donald Trump a parlé de "grosse erreur" de la France, et M. Trump lui-même a menacé de taxer les vins français.